L’ère des monopoles du streaming: Netflix en passe de racheter Warner Bros

Une affirmation qui semblait autrefois farfelue est en passe de devenir réalité. En 2007, un dirigeant de Warner Bros comparait Netflix à «l’armée albanaise se lançant à la conquête du monde». Aujourd’hui, le géant du streaming, fort de 301,6 millions d’abonnés, a annoncé le rachat de Warner Bros. Discovery (WBD) pour 82 milliards de dollars.
Cette acquisition pharaonique, qui comprend le studio historique Warner Bros. et la plateforme HBO Max, pourrait redéfinir l’industrie du divertissement et sceller la domination de Netflix. Bien qu’une contre-offre de 108,4 milliards de dollars ait été formulée par Paramount Skydance,
Warner a rejeté cette proposition, plaçant Netflix en position de finaliser l’accord. «Nous sommes convaincus que cette union offrira aux consommateurs un meilleur choix», a déclaré le studio.
Cette fusion créerait un colosse contrôlant près de 30% du marché américain du streaming et plus de 400 millions d’abonnés combinés.
Les analystes estiment qu’elle pourrait marquer la fin des «guerres du streaming». En contrôlant un catalogue immense – incluant des franchises comme Harry Potter, Game of Thrones, Friends et les œuvres de Kubrick – Netflix pourrait imposer une «stratégie de domination par les prix», éliminant la concurrence avant de fixer ses tarifs à sa guise. Enfin, l’avenir de la distribution traditionnelle est en jeu. Ted Sarandos, co-PDG de Netflix, ayant qualifié le cinéma de « concept dépassé », la stratégie de sortie en salles des films Warner Bros. pourrait être réduite, fragilisant davantage les exploitants et la diversité culturelle. Cette fusion symbolise l’ultime étape de la financiarisation d’Hollywood. Elle pose la question fondamentale du contrôle des récits et des conditions de leur production.
Face à la constitution de ce monopole, la mobilisation des travailleurs du secteur pour défendre leurs emplois et une création indépendante apparaît plus nécessaire que jamais.
A. S.