Une épidémie de rougeole menace des milliers d’enfants: Urgence au Darfour

L’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a tiré la sonnette d’alarme, vendredi, dernier face à une flambée épidémique de rougeole qui prend de l’ampleur dans la région du Darfour, au Soudan. Depuis le mois de septembre dernier, plus de 1 300 cas ont déjà été enregistrés dans les structures médicales soutenues par l’ONG.
Malgré des alertes répétées, les campagnes de vaccination d’urgence nécessaires n’ont pas été déployées à temps et les programmes de vaccination de routine restent largement interrompus. «Les retards dans l’acheminement des vaccins, ainsi que les reports successifs des campagnes de vaccination réactive, ont laissé les enfants sans protection alors que l’épidémie continue de se propager», a déploré MSF dans un communiqué. Cette crise sanitaire s’inscrit dans un contexte humanitaire désastreux, aggravé par le conflit armé qui oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR).
La violence a provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes et le déplacement d’environ
15 millions d’autres, paralysant les systèmes de santé.
MSF a lancé un appel pressant à l’UNICEF pour qu’elle coordonne, en urgence, une intensification de l’acheminement des vaccins, des seringues et du matériel essentiel vers la région.
L’ONG a également exhorté les ministères de la Santé, aux niveaux fédéral et des États, à lancer sans délai une campagne de vaccination massive contre la rougeole et à rétablir d’urgence les programmes de vaccination systématique.
Ahmed Fadel, coordinateur des urgences de MSF au Darfour, a souligné le cercle vicieux dans lequel sont pris les enfants. «La rougeole peut être évitée grâce à la vaccination de routine et aux campagnes réactives menées en temps voulu, mais ces deux mécanismes ont été sévèrement limités par le conflit, les obstacles administratifs et les retards de certains acteurs clés», a-t-il rappelé.
La situation est d’autant plus critique qu’une malnutrition aiguë sévit dans la région, touchant plus de 34% des patients dans les villes de Zalingei et Nyala. Cette vulnérabilité aggrave considérablement les symptômes de la rougeole et peut conduire rapidement à des complications mortelles, telles que la pneumonie ou l’encéphalite. «Ces retards exposent les enfants à des maladies potentiellement mortelles», a insisté M. Fadel. Parallèlement, la violence s’étend. Les trois États du Kordofan (Nord, Ouest et Sud) sont le théâtre depuis plusieurs semaines d’affrontements intenses entre l’armée et les FSR, forçant des dizaines de milliers de personnes supplémentaires à fuir, ce qui accroît les risques sanitaires et complique davantage la réponse humanitaire.
Malik M.