Prix de la Grande Mosquée de Paris : Rachida Brakni et Akram Belkaïd couronnés pour le centenaire

Pour sa cinquième édition, le prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris a rendu son verdict.
La comédienne et romancière Rachida Brakni l’emporte dans la catégorie roman avec La part absente, tandis qu’Akram Belkaïd est distingué dans la catégorie essai pour Chroniques du ramadan, voyage intimiste au cœur du jeûne. Une mention spéciale du jury revient à l’historienne Sylvia Chiffoleau pour Une histoire du temps dans le monde arabe. Organisé par l’Institut musulman de la Mosquée de Paris, le prix récompense chaque année un roman et un essai consacrés à la civilisation musulmane, écrits ou traduits en français. Étaient éligibles cette année les ouvrages parus entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

La cérémonie s’est tenue à la Grande Mosquée, en pleine année du centenaire de l’institution, et chacun des deux lauréats reçoit une dotation de 3 000 euros. Cette édition, présidée par Chems-eddine Hafiz, réserve aussi un hommage particulier. Un prix du centenaire est décerné à Assia Djebar pour l’ensemble de son œuvre. Les deux lauréats succèdent à Hajar Azell, récompensée en 2025 pour Le sens de la fuite, et à El-Mouhoub Mouhoud, distingué la même année pour Le Prénom. Dans La part absente, Rachida Brakni suit Karina Leroy, épouse, mère d’une adolescente et directrice de galerie d’art. Sous cette réussite sociale se cache un secret intime.

Des années plus tôt, elle a retranché une lettre à son prénom d’origine, Karima, pour échapper aux préjugés liés à ses racines maghrébines. Mais le passé finit par la rattraper, avec les blessures de l’enfance et celles de la guerre d’Algérie. Akram Belkaïd consacre ses Chroniques du ramadan au mois du jeûne, dont il explore les comportements, les excès et le regard que la société porte sur cette pratique.
Son approche, très personnelle, reste attentive aux usages collectifs.Quant à Sylvia Chiffoleau, elle retrace dans son ouvrage la place du temps dans les civilisations arabes. Elle s’intéresse d’abord à l’apport de cet espace culturel à l’art de mesurer le temps, avant d’en examiner les pratiques et les rythmes sociaux qui structurent les sociétés arabes.

A. S.