Rotterdam aura vu une Algérienne rester debout là où les autres vacillent. Dimanche après-midi, Kaylia Nemour a décroché l’or à la poutre lors des Championnats du monde de gymnastique artistique, avec une note de 14,566 points qui a relégué ses adversaires, notamment les représentantes de la Chine et du Brésil, derrière elle. La veille, elle avait déjà remporté le titre mondial aux barres asymétriques, l’agrès qui avait fait d’elle une figure du sport algérien.
Deux finales, deux médailles d’or, à vingt-quatre heures d’intervalle. L’exploit tient autant à la précision qu’à la régularité, car la poutre ne pardonne rien. Large de dix centimètres, elle exige un contrôle total du corps comme des nerfs, et chaque hésitation se paie en dixièmes de point. Nemour y a répondu par une exécution maîtrisée, assez propre pour s’imposer face à des concurrentes de premier plan.
Ce nouveau sacre s’inscrit dans une trajectoire déjà marquée par l’or olympique obtenu aux barres asymétriques à Paris en 2024, un titre inédit pour la gymnastique africaine. À Rotterdam, la championne ne s’est pas contentée de défendre une réputation. Elle a montré qu’elle pouvait la prolonger sur un second terrain, en dehors de son agrès de prédilection, et la faire entrer dans la durée.
Pour l’Algérie, ce week-end néerlandais offre une double récompense. Il confirme que le pays dispose d’une athlète capable de rivaliser avec les grandes nations de la discipline, et il place la gymnastique algérienne sous les projecteurs mondiaux, un sport longtemps resté dans l’ombre des disciplines plus populaires.
Hadjer B.
Gymnastique artistique Kaylia Nemour sacrée deux jours de suite aux Mondiaux de Rotterdam
