Sécurité renforcée : L’Algérie adopte sa loi de mobilisation

L’Assemblée populaire nationale (APN) a adopté, ce lundi, la loi relative à la mobilisation générale, lors d’une séance plénière présidée par M. Brahim Boughali, président de l’APN. La session s’est déroulée en présence du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, M. Lotfi Bouzghouma, ainsi que de la ministre des Relations avec le Parlement, Mme Kaouter Krikou.
Ce texte législatif d’une portée stratégique s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’article 99 de la Constitution algérienne, qui prévoit les dispositions relatives à la mobilisation générale. Il vise à établir un cadre juridique clair, complet et adapté permettant à l’État algérien de faire face efficacement à toute situation d’urgence, en particulier dans un contexte international et régional de plus en plus instable.Le ministre de la Justice a souligné que l’adoption de cette loi marque une étape majeure dans l’enrichissement de l’arsenal juridique national. Elle permet, selon lui, de doter le pays d’un dispositif légal robuste et cohérent, apte à garantir une réponse rapide et
coordonnée en cas de menaces pesant sur la sécurité nationale. Il a insisté sur la nécessité, pour l’Algérie, de rester vigilante et proactive dans un environnement géopolitique en mutation constante, marqué par des tensions croissantes, notamment dans la région du Sahel.La loi précise les mécanismes de transition de l’état de paix à celui de guerre, en encadrant le processus de mobilisation à grande échelle, qu’il s’agisse de ressources humaines ou matérielles.
Elle engage l’ensemble des secteurs de l’État ainsi que les composantes de la société civile dans l’effort national, en cas de crise majeure ou de conflit armé. Le texte prévoit notamment une coordination directe entre le ministère de la Défense nationale et dix autres départements ministériels afin d’assurer une mobilisation rapide, organisée et efficace des moyens disponibles au service du pays.Cette législation survient dans un climat géopolitique particulièrement tendu, notamment suite aux événements récents dans la région sahélienne. L’annonce du projet de loi avait suscité de nombreuses réactions dans l’opinion publique, amplifiées après la réunion du Conseil des ministres du 20 avril 2025, au cours de laquelle le projet avait été présenté, dans un contexte marqué par la montée des tensions avec certains pays voisins, dont le Mali. La situation s’est particulièrement envenimée après l’incident d’avril dernier, impliquant la destruction d’un drone algérien dans une zone frontalière.
Malgré les inquiétudes exprimées, les autorités assurent que cette loi n’est ni une réponse précipitée ni une mesure exceptionnelle, mais bien un outil de souveraineté visant à garantir la sécurité du pays, protéger ses frontières et assurer la stabilité de ses institutions.
Elle s’inscrit dans une démarche préventive, fondée sur une vision stratégique à long terme, face à des risques multiformes : conflits régionaux, menaces hybrides, instabilité sécuritaire ou encore catastrophes majeures.À travers cette loi, l’Algérie affirme sa volonté de préserver sa souveraineté, d’assurer la sécurité de son peuple et de défendre ses intérêts nationaux dans un environnement de plus en plus imprévisible. Cette démarche illustre également une politique de défense responsable et anticipative, fondée sur la mobilisation de toutes les forces vives de la nation au service de la patrie .

Fateh H.