Les journalistes algériens célèbrent aujourd’hui jeudi la Journée nationale de la presse, à un moment où les médias nationaux se voient confier un rôle grandissant dans l’effort de développement du pays.
Ces dernières années, le secteur a gagné du terrain sur les plans législatif, réglementaire et technologique, avec l’ambition affichée de s’adapter à la modernité, d’améliorer les conditions d’exercice du métier et de faire front commun contre les campagnes de désinformation qui visent la stabilité et l’unité nationales.
Le président Abdelmadjid Tebboune n’a cessé de rappeler l’importance de l’information. Pour lui, le journaliste algérien a toujours fait preuve de loyauté envers sa patrie, surtout dans les moments difficiles.
Il a aussi insisté sur la nécessité d’encadrer les nouveaux outils du métier, ceux du numérique et des médias électroniques, qu’il considère comme une priorité pour garantir au citoyen une information fiable et accompagner l’édification d’une Algérie fondée sur la bonne gouvernance, la transparence et l’égalité des chances.
L’État a, dans cette optique, doté le secteur d’un arsenal juridique qui doit permettre, à travers ses textes d’application, d’installer l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel, l’Autorité de régulation de la presse écrite et électronique et le Conseil supérieur de l’éthique et de la déontologie de la profession de journaliste. La carte nationale du journaliste professionnel est également en cours d’élaboration. Côté soutien, la relance du Fonds d’aide à la presse illustre cette volonté. Le dialogue avec la corporation se poursuit lui aussi.
Le chef de l’État reçoit régulièrement les responsables des médias pour écouter leurs préoccupations, et les représentants de la presse nationale pour répondre à leurs questions sur les dossiers du moment.
Dans le même esprit, le ministère de la Communication et la Direction générale de la communication à la Présidence organisent une série de rencontres avec les responsables des médias publics et privés, afin de recueillir leurs propositions et d’explorer les pistes pour faire progresser le secteur. La protection des journalistes et de leurs droits socioprofessionnels figure parmi les priorités affichées, avec de meilleures conditions de travail et des garanties juridiques censées leur permettre d’exercer à l’abri des pressions.
En contrepartie, les pouvoirs publics rappellent l’exigence de déontologie, d’objectivité et de responsabilité, présentées comme le premier rempart contre les rumeurs.
Pour affronter les défis de la bataille de l’information, des sessions de formation spécialisées sont par ailleurs proposées aux journalistes et aux techniciens afin de consolider leurs compétences.
L’actualité y trouve aussi sa place, puisque les élections locales sont prévues le 28 novembre.
Une journée d’étude sur le rôle des médias dans ce scrutin s’est tenue récemment. Le ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, y a assuré que les médias nationaux accompagneraient cette échéance avec une couverture professionnelle, impartiale et responsable, et jugé que cet accompagnement relève désormais du devoir national. Célébrée chaque 22 octobre, cette journée rappelle la parution, en 1955, du premier numéro de Résistance algérienne, organe du Front de libération nationale et de l’Armée de libération nationale. Depuis leur naissance sous la colonisation française, les médias algériens revendiquent un engagement au service de la vérité. Les réformes de la Constitution de 2020 ont prolongé cet héritage en réaffirmant que la liberté de la presse écrite, audiovisuelle et électronique est garantie.
Lotfi L.-E.
Journée nationale de la presse : entre héritage et nouveaux défis
