Des experts de l’énergie nucléaire sont en conclave à Alger où un atelier sur «le cadre juridique national des activités nucléaires» est organisé. L’activité, première du genre, organisée par l’Autorité nationale de sûreté et de sécurité nucléaires (ANSSN), une instance relevant du Premier ministère, en partenariat avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), prendra fin aujourd’hui, mardi, après trois jours de travaux. Des experts de l’agence de l’ONU prennent part à la rencontre qui a abordé, selon l’ANSSN, plusieurs sujets, notamment le système juridique international de la responsabilité civile nucléaire, les missions de surveillance réglementaire, les autorisations et les inspections, ainsi que les garanties requises. En Algérie, de plus en plus d’activités utilisent le nucléaire civil, comme c’est le cas «notamment des industries médicale et pharmaceutique». Toutes les activités nucléaires en Algérie sont des applications civiles de l’énergie atomique.
Il faut rappeler que l’Algérie s’est dotée depuis 2019 d’une loi visant à encadrer les activités utilisant des matières radioactives. A l’ouverture des travaux de l’atelier, le président de l’Autorité nationale de sûreté et de sécurité nucléaires, Rachedi Menadi, a mis l’accent sur la nécessité d’encadrer cette évolution technologique et industrielle majeure, qui s’apparente à un véritable changement de paradigme.
«Le législateur algérien étant attaché à l’application des dispositions de cette loi, il a créé l’Autorité nationale de sûreté et de sécurité nucléaires avec pour mission de veiller au contrôle de la conformité de l’ensemble des activités utilisant des techniques nucléaires aux normes les plus strictes de sûreté et de sécurité nucléaires et de protection des radiations», a-t-il expliqué.
De son côté, la responsable du programme d’assistance législative au sein de la section droit nucléaire et droit des traités au Bureau des affaires juridiques de l’AIEA, Christelle Drillat a affirmé que «le droit nucléaire est indispensable pour pouvoir profiter des avantages d’une utilisation pacifique, sûre et sécurisée des techniques nucléaires et de leurs applications dans la vie quotidienne».
«Quand on parle de droit nucléaire, cela englobe les instruments juridiques internationaux, tels que les conventions et les traités, et au niveau national, le cadre juridique constitué par la loi nucléaire et ses textes d’application”, a-t-elle précisé. Il faut rappeler que le 22 Mai dernier, le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a rencontré à Genève (Suisse), la directrice de la division de la santé humaine à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), May Abdel-Wahab. Cette rencontre a été l’occasion d’examiner les moyens de renforcer la coopération bilatérale entre l’Algérie et l’AIEA, notamment en matière d’utilisation de l’énergie nucléaire en médecine, particulièrement dans le diagnostic et le traitement des maladies cancéreuses. Début mars, c’était le délégué permanent de l’Algérie à Vienne, l’ambassadeur Larbi Latroche, qui avait affirmé lors de sa participation aux travaux de la session ordinaire du Conseil des commissaires de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le droit « inhérent et inaliénable » à une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, à travers un transfert fluide et inconditionnel de cette dernière aux pays en développement, notamment africains, pour contribuer à la réalisation des objectifs du développement durable (ODD) .
Fateh H.
