Les initiatives de terrain à la demande de la partie nigérienne, Alger et Niamey passent à la signature d’un protocole d’accord dans le domaine de la coopération militaire. Plus que jamais, les deux pays sont liés par le défi commun de défendre la région du Sahel et décident de s’entraider militairement. Signe d’une confiance partagée, le document a été paraphé, hier, par le Général d’Armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, et le ministre de la Défense de la République du Niger, le Général d’Armée Salifou Modi, en visite de travail en Algérie à la tête d’une délégation militaire de haut rang, a indiqué le MDN.
Bien que le contenu du document ne soit pas rendu public, il est clair qu’un tel accord ne vise pas à organiser des «visites de courtoisies» ! La coopération entre les armées des deux pays devra comprendre plusieurs volets. D’ailleurs, le général d’armée, Saïd Chanegriha, n’a pas manqué de souligner la disponibilité d’Alger à discuter de toutes les propositions dans ce cadre. Dans son allocution à l’occasion, le chef d’état-major de l’ANP a estimé que cette s’inscrivait «dans le prolongement» de la dernière visite que Salifou Modi a effectuée il y a quelques jours, et qui «illustre, notre volonté commune de hisser la coopération militaire bilatérale et de relever, avec toute l’efficacité et l’engagement requis, les défis qui se posent à nous», a-t-il dit.
Et il est un secret de Polichinelle d’expliquer le caractère sécuritaire des défis. Plus loin encore, Chanegriha a réaffirmé «l’entière disposition de l’ANP à examiner toute proposition nigérienne de nature à renforcer notre coopération militaire et sécuritaire, au service des intérêts suprêmes» des deux pays frères et «en droite ligne de la ferme volonté de leurs dirigeants». De son côté, le ministre nigérien de la Défense a salué «le niveau de coordination multidimensionnelle entre les armées des deux pays frères».
Ce protocole d’accord intervient, faut-il le préciser, après que l’Algérie ait déjà démontré par les actes qu’elle était prête à soutenir le Niger pour faire face aux menaces sécuritaires.
La dernière preuve en date est l’envoi, fin août de deux patrouilles d’avions de combat de type Sukhoï Su-30, soit quatre appareils, «dans le cadre d’une mission de soutien à l’armée nigérienne pour faire face à la tentative de déstabilisation». Les deux patrouilles ont été accompagnées d’un avion ravitailleur destiné au ravitaillement en vol, dans le cadre d’une opération qui a réaffirmé «l’engagement constant de l’Algérie» en faveur de la stabilité dans la région. Une doctrine qu’a rappelé le Président Abdelmadjid Tebboune lors de la dernière entrevue avec les médias nationaux, lorsqu’il a expliqué les raisons de la rupture avec les émirats arabes unis, qu’il avait désigné comme source de déstabilisation dans le Sahel et donc comme «menace» à la sécurité de l’Algérie.
Ainsi, après le rapprochement politique et le renforcement de la coopération économique dans divers secteurs, vient ce protocole d’accord dans le domaine militaire pour consolider l’axe Alger-Niamey, appelé à jouer un rôle important dans la région.
Farid B.
Alger-Niamey : la naissance d’un axemilitaire stratégique
