La décision chinoise d’imposer de lourds droits de douane sur les produits laitiers européens dépasse largement le cadre d’un simple différend commercial.
Annoncées le 22 décembre 2025, ces taxes, allant de 21,9% à 42,7% sur les fromages, laits et crèmes, s’inscrivent clairement dans une stratégie de représailles politiques visant l’Union européenne.
Officiellement, Pékin invoque les conclusions d’une enquête antidumping ouverte en août 2024, estimant que les produits laitiers européens bénéficient de subventions causant un «préjudice substantiel» aux producteurs chinois. Mais la chronologie des décisions et le choix des secteurs ciblés laissent peu de place au doute : il s’agit d’une riposte directe aux droits de douane européens imposés sur les véhicules électriques chinois, accusés par Bruxelles de profiter de subventions massives.
Depuis le durcissement européen en 2024, la Chine a progressivement élargi son arsenal de rétorsion : enquête sur le cognac, pressions sur la filière porcine, puis attaque frontale contre les produits laitiers. Cette montée en puissance traduit une volonté assumée de faire pression sur des secteurs européens sensibles, tant sur le plan économique que social. Cette décision intervient dans un contexte déjà explosif pour les éleveurs européens, confrontés à la baisse des revenus, à la concurrence internationale, aux contraintes réglementaires et aux crises sanitaires.
En France, la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et les inquiétudes liées à l’accord Mercosur alimentent une colère persistante.
En frappant la filière laitière, Pékin accentue volontairement les tensions internes au sein de l’Union européenne, transformant une mesure commerciale en outil de pression politique. La Commission européenne a dénoncé des mesures «injustifiées et infondées».
S. A.
Produits laitiers européens: Pékin ouvre un nouveau front dans la guerre commerciale avec Bruxelles
