Une fois n’est pas coutume, les députés étaient présents en masse, hier à l’APN. L’événement en vaut certainement la peine : le vote de la proposition de loi criminalisant le colonialisme français en Algérie.
L’ambiance était plantée dès la matinée. Les députés affluaient sans discontinuer vers le siège de l’Assemblée nationale.
Mohamed Lahcen Zeghidi, coprésident de la commission conjointe d’historiens algériens et français «Histoire et mémoire», a prononcé une allocution avant le vote.
Il a qualifié l’événement d’historique, précisant que la démarche de criminalisation de la colonisation française est une «réponse parlementaire loyale adressée aux ennemis de l’Algérie et au monde entier, dont le contenu est que l’esprit et la graine de Novembre ne mourront ni ne périront jusqu’à
ce que Dieu hérite de la terre et de ceux qui s’y trouvent».
Il a également estimé que l’initiative constitue une réponse claire des enfants de Novembre à ceux qui glorifient la colonisation au sein du Parlement français, «pour leur confirmer qu’ils sont en marge de l’histoire», ajoutant qu’elle représente «un message de libération pour nos frères en Palestine
et au Sahara occidental».
Les députés, toutes tendances confondues, ont voté unanimement en faveur du texte qui comprend 5 chapitres et 27 articles, s’appuyant sur «les principes du droit international qui affirment
le droit des peuples à l’équité juridique, à la réalisation de la justice historique et à la non-impunité».
Il vise à établir les responsabilités, la reconnaissance et les excuses pour les crimes du colonialisme comme base pour la réconciliation avec l’histoire et la protection de la mémoire nationale.
Le prévoit des dispositions sur la responsabilité du Gouvernement français dans son passé colonial, ainsi que les mécanismes permettant d’obtenir une reconnaissance et des excuses officielles pour
les crimes commis.
Il aborde aussi la question des réparations pour les préjudices matériels et moraux causés par la colonisation française en Algérie, et prévoit des dispositions pénales réprimant la glorification de la colonisation et toute atteinte aux symboles de la Résistance populaire, du Mouvement national et de la Révolution du 1er Novembre 1954.
Le texte réclame, en outre, à la France la décontamination des sites des explosions nucléaires et de tous les sites contaminés, la remise des cartes des sites des explosions nucléaires et des mines posées, la restitution de l’ensemble des biens transférés hors du territoire national, y compris les archives nationales, ainsi que la restitution des restes mortuaires des figures de la Résistance, du Mouvement national et de la Révolution de libération, afin qu’ils soient inhumés en Algérie.
Fateh H.
L’APN criminalise le colonialisme français et exige justice: L’Algérie écrit l’Histoire
