Quatre entreprises internationales ont été présélectionnées pour participer aux appels d’offres relatifs aux études techniques et à la gestion de deux projets majeurs dans l’aval pétrolier algérien, rapporte le site spécialisé MEED le 20 octobre dernier. Les projets portent sur la réalisation d’une unité de production d’huiles de base des groupes II et III à la raffinerie d’Arzew, dans la wilaya d’Oran, et sur le développement d’un complexe pétrochimique dédié à la production d’éthylène dans la zone industrielle de Skikda.
Les entreprises retenues sont la China HuanQiu Contracting & Engineering Company (HQC), l’égyptienne Engineering for the Petroleum and Process Industries (Enppi), l’espagnole Técnicas Reunidas et le britannique Wood Group.
Les prestations prévues couvrent notamment les études d’ingénierie et de conception préliminaires (FEED), l’acquisition des licences de procédés industriels et le conseil en gestion de projet (PMC).
Lancée en août 2025, la procédure de présélection a connu des retards ayant entraîné le report de la date limite de dépôt des candidatures.
Deux projets pour accroître la valeur ajoutée locale
Ces investissements visent à renforcer les capacités nationales de transformation des hydrocarbures et à développer la production de matières premières industrielles.
Les huiles de base des groupes II et III entrent dans la fabrication des huiles moteur et des lubrifiants industriels. L’éthylène, quant à lui, constitue une matière première essentielle pour la pétrochimie, notamment dans la production de polyéthylène, largement utilisé dans les emballages, les équipements et de nombreuses applications industrielles. Ces projets s’inscrivent dans la stratégie de Sonatrach visant à diversifier les produits issus des hydrocarbures et à accroître leur transformation sur le territoire national, plutôt que de privilégier leur exportation sous forme brute ou semi-transformée.
En juin 2025, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, avait annoncé un programme d’investissements pétrochimiques de 7 milliards de dollars pour la période 2025-2029. L’objectif affiché est de porter le taux de transformation des hydrocarbures de 32% à 50% sur cinq ans.
71,6 milliards de dollars d’investissements à l’horizon 2030
L’ampleur de cette stratégie se reflète également dans l’enveloppe globale annoncée pour le secteur. Le 17 octobre dernier, Mohamed Arkab a fait état de 71,6 milliards de dollars d’investissements destinés au développement des activités des hydrocarbures à l’horizon 2030. Sur ce montant, 52 milliards sont consacrés à l’amont pétrolier et gazier, tandis qu’environ 13 milliards sont prévus pour le raffinage et la pétrochimie. Parmi les projets cités figurent la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, une unité de production de méthyl tert-butyl éther (MTBE), un complexe de polypropylène à Arzew, un projet similaire en Turquie et une unité de production d’alkylbenzène linéaire à Skikda.
Le ministre a également indiqué que Sonatrach avait réalisé 17 nouvelles découvertes d’hydrocarbures depuis le début de 2026, grâce à ses propres moyens. Les investissements du groupe ont dépassé 6 milliards de dollars cette année, contre 5,3 milliards en 2025,
soit une hausse de 21%.
Des recettes d’exportation de 37,5 milliards USD
Sur le plan commercial, les exportations algériennes d’hydrocarbures ont généré 37,5 milliards de dollars entre janvier et fin septembre 2026, selon les chiffres communiqués par Mohamed Arkab.
Cette progression des recettes est notamment attribuée à la hausse du prix moyen du pétrole brut algérien, qui aurait atteint près de 97 dollars le baril, soit une augmentation de 37% par rapport à la même période de 2025. Le prix moyen du gaz algérien commercialisé s’est établi à environ 11,3 dollars par million d’unités thermiques britanniques. Au-delà des recettes d’exportation, l’enjeu pour l’Algérie est désormais de consolider son appareil industriel et de tirer davantage de valeur de ses ressources énergétiques. Les projets d’Arzew et de Skikda constituent deux composantes de cette orientation, dont la concrétisation dépendra de l’avancement des procédures contractuelles, des décisions d’investissement et de la réalisation des installations prévues.
Samira G.
