Premier contact entre les deux présidents après 7 mois: Algérie-France : le pas «timide» de Macron

Bien que très laconique, un message du président français Emmanuel Macron au Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, vient de signer la fin d’une longue période de coupure entre les deux
chefs d’état.
La crise diplomatique qui dure entre l’Algérie et la France connaîtra-t-elle un dénouement ? L’espoir est permis, puisqu’à l’occasion de la commémoration du 71e anniversaire du déclenchement de la glorieuse Guerre de libération du 1er novembre 1954, le locataire de l’élysée a adressé un message à son homologue algérien. «à l’occasion de la commémoration de l’anniversaire du 1er Novembre, je tiens à vous adresser, ainsi qu’au peuple algérien, mes chaleureuses félicitations et mes vœux les meilleurs», a écrit Macron dans sa lettre à Abdelmadjid Tebboune, selon la présidence.
Certes, à première vue, l’on n’est pas dans les longs messages avec des perspectives de coopération et de consolidation des relations bilatérales. Mais, le fait est que le contact a été repris, après le dernier appel téléphonique de mars 2025, est déjà bon signe dans ce genre de situation. Le message de Macron intervient également moins d’une semaine après des signes venus de Paris, sur une éventuelle reprise de dialogue entre les deux pays. C’est en effet, le ministre français de l’Intérieur qui a plaidé, à l’opposé de son prédécesseur Place Bauveau, en faveur du dialogue. «Ceux qui font croire aux Français que le bras de fer et la méthode brutale sont la seule solution, la seule issue, se trompent. Ça ne marche pas, dans aucun domaine», a déclaré Laurent Nuñez, révélant avoir été invité par son homologue algérien, Saïd Sayoud, sans plus de détails. En attendant que ces contacts aboutissent à des démarches concrètes et se traduisent, par exemple, par des visites ministérielles, il convient d’admettre qu’entre Paris et Alger, il n’est plus question de langage de force ou d’attaques. L’on est plutôt dans la recherche d’une issue au blocage qui affecte et les relations entre les deux gouvernements, et la situation des algériens et des français qui circulent entre les deux rives. Ceci, bien que certaines voix de l’extrême droite française tentent de saboter ce processus, comme l’a prouvé le RN de Marine Le Pen qui a fait voter récemment par l’Assemblée nationale une résolution visant la dénonciation de l’accord franco-algérien de 1968. Pour l’heure, cette démarche reste sans effet à l’Élysée. Emmanuel Macron, ni même son Premier ministre, Sébastien Lecornu, n’ont donné aucune suite à l’appel de l’extrême droite. En d’autres termes, l’heure est plutôt à l’apaisement, non pas à l’escalade entre l’Algérie et la France. Et le message de Macron à Tebboune, bien qu’il s’inscrive dans les traditions diplomatiques entre chefs d’états, plaide dans ce sens. Maintenant, attendons la suite pour en juger en profondeur .
Farid B.