Moins de 24 heures après avoir atteint des sommets inédits depuis trois ans, les cours du pétrole ont brutalement dévissé, offrant aux marchés financiers une séance digne des montagnes russes.
Le baril de Brent, qui tutoyait encore la veille les 119 dollars dans un climat de panique générale, est retombé mardi matin aux alentours de 90 dollars, enregistrant une chute vertigineuse de plus de 8% en quelques heures.
Cette dégringolade spectaculaire, qui a vu le brut perdre plus de 25 dollars en l’espace d’une nuit, trouve son origine dans une simple déclaration de Donald Trump, affirmant que la guerre au Moyen-Orient pourrait «bientôt prendre fin».
Les propos du président américain, confiés en marge d’une conférence de presse à Miami, ont agi comme un puissant tranquillisant sur des marchés énergétiques survoltés. Après sept séances consécutives de hausse, alimentées par les craintes d’un embrasement régional et les premières perturbations concrètes de l’offre – l’Irak et le Koweït ayant dû réduire leur production et le détroit d’Ormuz se retrouvant de facto paralysé, la perspective d’une désescalade a provoqué un brutal mouvement de débouclement des positions spéculatives.
Les investisseurs, qui avaient massivement parié sur le scénario du pire, se sont rués vers la sortie, provoquant ce que les analystes décrivent comme «l’éclatement d’une bulle de tension» plus qu’une véritable correction fondamentale. Car derrière ce répit apparent, la réalité du terrain reste explosive.
À peine les mots de Trump étaient-ils prononcés que Téhéran s’empressait de doucher les espoirs de paix.
Le ministre iranien des AE, Abbas Araghchi, a promis «beaucoup de surprises» aux Américains, tandis que les Gardiens de la révolution ont martelé que «la fin de la guerre sera décidée par l’Iran» et qu’aucun «litre de pétrole» ne sortirait de la région tant que les frappes se poursuivraient .
Une réponse cinglante qui rappelle que le conflit est loin d’avoir livré son dernier acte et que la fermeture virtuelle du détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième de la production mondiale, continue de menacer l’équilibre énergétique de la planète.
Dans ce jeu de dupes où chaque déclaration fait vaciller les cours, les analystes appellent à la prudence.
Les marchés savent désormais que la moindre escalade militaire, le moindre incident dans le Golfe, peut inverser la tendance en quelques minutes .
S. G.
Pétrole: Le baril chute de 8%
