L’artiste algérienne, fidèle à elle-même, vient de livrer un nouvel opus intitulé Zagate, disponible depuis le 6 mars 2026. Un album qui porte déjà la marque de son époque : celle d’une femme qui observe, ressent et transforme le chaos en mélodies.
Quelques jours après cette sortie, elle a pris le temps de retrouver ceux qui l’écoutent.
Le 8 mars, à la Fnac Saint-Lazare à Paris, elle offrait un showcase intimiste, interprétant plusieurs morceaux nouveaux dans une proximité rare avec son public. L’atmosphère y était chaleureuse, faite d’échanges sincères autour de la naissance de ce disque.
Zagate. Le titre intrigue et amuse. Il emprunte à l’expression française « ça se gâte », un jeu de mots que Souad Massi a trouvé suffisamment fort pour résumer l’air du temps.
Celui d’un monde saturé d’informations brutales, de tensions identitaires, de violences et de rejets. Face à ce tumulte, elle répond par la musique. Plus directe, parfois plus rock, mais toujours habitée par cette voix chaude qui nous accompagne depuis Raoui.
L’enregistrement s’est fait principalement en Angleterre, aux côtés de Justin Adams, producteur et guitariste complice déjà croisé sur Sequana. Adams, dont le parcours croise ceux de Rachid Taha, Tinariwen ou Robert Plant, a rassemblé des musiciens d’exception pour porter ces nouvelles chansons.
L’album porte aussi une rencontre. Celle avec Gaël Faye, sur le titre D’ici, de là-bas. Deux voix que tout rapproche : l’exil, la mémoire, le refus des frontières. Gaël Faye pose un texte sobre, presque murmuré, sur la mélodie de Souad Massi. Ensemble, ils évoquent l’identité, le racisme, l’intolérance, mais aussi la nécessité de tenir debout. Le clip, tourné simplement en studio, capte leurs regards, leurs silences. L’émotion opère sans artifice.
Autre perle de cet opus, Samt, qui signifie « le silence » en arabe. Ici, Souad Massi ralentit le tempo. Les influences afrobeat, gnawa et sahariennes dessinent un paysage sonore envoûtant. Sa voix se fait presque méditative, cherchant une pause, un espace de respiration dans un monde bruyant.
Le clip, porté par la danse et la lumière, prolonge cette quête de paix intérieure. Samt ne se contente pas de s’écouter, il habite celui qui l’entend.
Sur scène, Souad Massi retrouve son territoire naturel. Depuis mars, elle sillonne la France et l’Europe. Mais un rendez-vous se détache déjà : le 18 juin 2026, elle investira le Théâtre du Châtelet à Paris pour un concert qui s’annonce comme un moment fort. D’ici là, on pourra l’applaudir à Dijon, Londres, Berlin, Utrecht, Marseille, Lille ou Strasbourg.
L’été la verra également fouler les planches de festivals, notamment aux Arts Scénics dans le Tarn.
Avec Zagate, Souad Massi ne prétend pas donner de leçons. Elle ne fait que traverser l’époque, à sa manière, avec pudeur et fermeté. Une voix précieuse, qui continue de dire le monde sans jamais hausser le ton. Simplement, elle nous invite à l’écouter.
Amina. S
Musique: Souad Massi dévoile « Zagate », un album habité par l’air du temps
