L’écrivain français Nicolas Rouillé a récemment dévoilé son ouvrage Laâyoune, en attendant…, édité par les presses d’Anacarsis, sous la direction du romancier et journaliste Fares Lounis.
Ce livre de fiction offre un regard percutant sur la résistance du peuple sahraoui face à l’emprise marocaine dans la ville occupée de Laâyoune.
La soirée de présentation a rassemblé un public varié : écrivains, journalistes et amateurs de littérature français de toutes générations, ainsi que de jeunes membres de la diaspora sahraouie vivant en région parisienne.
Mohamed Ali Zerouali, délégué du Front Polisario en France, a livré une analyse précise de la chronologie du conflit au Sahara occidental.
Étaient également présents plusieurs adhérents de l’Association des Amis de la République sahraouie, un représentant de l’Association des journalistes et écrivains sahraouis en Europe, ainsi que Najem Sidi, président de l’organisation Carrasso.
En présentant son œuvre, Rouillé a expliqué vouloir prêter sa plume à des jeunes coincés entre un héritage colonial et une impasse, dans une époque qui semble figée. L’intrigue se déroule à Laâyoune, à l’automne 2025. L’auteur a volontairement écarté toute ferveur liée à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) organisée par le Maroc. La ville y est décrite comme étouffée par les forces de sécurité marocaines, les barrages routiers, les caméras de surveillance et le mutisme imposé aux Sahraouis.
Le récit suit quatre adolescents sahraouis, amis depuis l’enfance. Leur quotidien morne alterne entre l’école, des petits boulots, les matchs de football regardés au café et d’interminables discussions sur un avenir qui ne vient jamais. Leur unique échappatoire : la CAN, où chaque résultat d’une équipe africaine devient prétexte à débattre de politique et d’occupation.
L’équilibre précaire du groupe vole en éclats quand l’un d’eux est interpellé lors d’un contrôle, soupçonné d’avoir participé à une manifestation clandestine pour l’indépendance. Il disparaît sans laisser de traces, plongeant ses camarades dans l’angoisse et l’impuissance. Parallèlement, le roman explore leur vie intime : tensions familiales, questionnements sur l’efficacité de la lutte, et tentation de l’exil ou du silence.
Après dix jours de détention, le jeune homme est relâché. Mais les interrogatoires et les violences physiques et psychologiques l’ont laissé brisé et coupé du monde.
Le soir de la finale de la CAN, alors que la ville explose de joie ou de colère selon les camps, les quatre amis se retrouvent sur un toit pour suivre le match.
C’est là qu’ils prennent une décision collective : poursuivre la résistance, chacun à sa manière. Le livre s’achève sur une fin ouverte, sans triomphe ni libération nationale. Les quatre héros demeurent à Laâyoune, toujours sous occupation, toujours dans l’attente. Mais cette attente n’est plus passive : elle devient un acte de résistance, une forme de persévérance, de survie, de sacrifice, de préparation à l’avenir.
Ainsi, l’œuvre propose une immersion profonde dans la réalité du Sahara occidental occupé, offrant une compréhension différente du conflit, loin de la propagande du Makhzen marocain.
Amina. S
Le nouveau roman de Nicolas Rouillé: Laâyoune, en attendant…
