Le Mapping Festival Algeria illumine le Musée du Bardo: Quand le patrimoine rencontre l’art numérique

Le Musée public national du Bardo à Alger a vibré samedi soir au rythme des arts numériques à l’occasion du lancement de la première édition du Mapping Festival Algeria, un événement culturel d’un genre nouveau qui promet de révolutionner la perception du patrimoine architectural algérien.
Jusqu’au 28 février, ce festival propose une immersion artistique inédite où la technologie moderne dialogue avec l’histoire millénaire pour offrir des expériences visuelles époustouflantes.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de personnalités éminentes, notamment le secrétaire général du ministère de la Culture et des Arts, un représentant du ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-ups et des Micro-entreprises, ainsi que l’ambassadrice du Canada en Algérie, Robin Lynn Wettlaufer.
Le choix du Canada comme invité d’honneur de cette édition inaugurale témoigne de la volonté des organisateurs d’inscrire cet événement dans une dynamique internationale de coopération culturelle et artistique.

Une vision muséale résolument tournée vers l’avenir
Zoheir Harichane, directeur du Musée du Bardo, a présenté ce festival comme une «initiative» s’inscrivant parfaitement dans la stratégie du ministère de la Culture et des Arts visant à «moderniser l’expérience muséale en Algérie et à intégrer les supports numériques dans la présentation et la valorisation du patrimoine culturel».
Il a rappelé les récentes expositions organisées dans les établissements muséaux ces dernières années, qui reflètent selon lui «une orientation stratégique vers un musée contemporain, ouvert et interactif». Avec une éloquence remarquable, il a souligné la portée symbolique de cet événement : «L’accueil de ce festival par le Musée du Bardo n’est pas une simple célébration d’un art contemporain. Il constitue une expression profonde d’une vision culturelle nouvelle qui considère le patrimoine non pas comme une matière figée et conservée derrière des murs, mais plutôt comme une mémoire vivante, ouverte au dialogue, au renouveau et à la réinterprétation par les langages et les outils créatifs de notre époque.»
Le directeur du musée a également mis en lumière la valeur exceptionnelle de l’expérience artistique immersive proposée par le Mapping Festival Algeria.
En s’appuyant sur les arts numériques et les techniques visuelles les plus avancées, le festival offre une «relecture» audacieuse de l’architecture historique et du capital culturel préservé au Musée du Bardo. Les périodes préhistoriques et les riches collections ethnographiques du musée se trouvent ainsi magnifiées dans une interaction créative fascinante entre le passé et l’avenir, entre la mémoire collective et la technologie de pointe.

Un pont culturel entre l’Algérie et le Canada
L’ambassadrice du Canada en Algérie a chaleureusement salué l’organisation de cette manifestation «importante» où, selon ses propres termes, «l’imaginaire et le patrimoine architectural se conjuguent harmonieusement avec la technologie».
Elle a exprimé le vœu sincère que ce festival puisse devenir «une tradition annuelle pérenne contribuant significativement à l’édification d’une industrie culturelle réussie et durable».
Expliquant la pertinence du choix du Canada comme invité d’honneur, la diplomate a souligné la participation remarquable de plusieurs créateurs canadiens spécialisés dans l’art du mapping.
Elle a particulièrement insisté sur ce qui fait selon elle la force de ce festival : «l’élargissement du champ de partenariat entre professionnels et spécialistes en Algérie et au Canada».
Au-delà de la simple rencontre artistique, elle a évoqué le potentiel de «développement de projets communs futurs à même de renforcer les échanges culturels et créatifs entre les deux pays», ouvrant ainsi des perspectives prometteuses pour une collaboration durable.

La jeune start-up AVEE aux commandes d’un projet ambitieux
Samy Lamouti, directeur du festival, a révélé les coulisses de cet événement d’envergure organisé par la jeune start-up algérienne AVEE, spécialisée dans le cinéma et les activités culturelles. Il a décrit une entreprise ambitieuse : «créer des espaces d’échange artistique et renforcer la coopération culturelle».
Le lancement de ce premier festival dédié à l’art du mapping représente selon lui «une étape qualitative visant à soutenir et à développer le domaine» en Algérie.
Le festival se veut accessible tant au public spécialisé qu’au grand public, offrant à tous l’opportunité de «vivre une expérience visuelle immersive dans le domaine du mapping».
L’exploitation de «l’espace symbolique qu’est le Musée du Bardo» comme écrin de ces créations numériques n’est pas anodine : elle permet de mettre en lumière le talent des créateurs algériens et canadiens tout en favorisant les échanges culturels et cognitifs entre les deux rives de la Méditerranée et au-delà.

Un programme riche entre formation et émerveillement
Le programme du Mapping Festival Algeria ne se limite pas aux seules projections spectaculaires. Samy Lamouti a détaillé un volet formation particulièrement conséquent avec l’organisation de master classes destinées à «plus d’une centaine de stagiaires, en partenariat avec l’École des Beaux-Arts».
Cette initiative pédagogique vise à «permettre aux participants de bénéficier d’expertises académiques et professionnelles spécialisées», contribuant ainsi au développement des compétences locales dans le domaine des arts numériques.
Lors de la soirée d’ouverture, le public a pu découvrir une expérience artistique véritablement innovante mêlant arts numériques et techniques de mapping architectural. Les façades et les espaces du Musée du Bardo se sont animés, révélant sous un jour nouveau la richesse du patrimoine qu’ils abritent.
Cette mise en lumière contemporaine a su préserver l’identité historique du lieu tout en lui conférant une dimension esthétique résolument moderne et joyeuse. Les spectateurs, visiblement conquis, ont exprimé leur admiration et leur curiosité face à cette fusion réussie entre tradition et innovation.
Le Mapping Festival Algeria s’impose ainsi comme un rendez-vous culturel majeur qui, au-delà de la simple célébration artistique, participe activement à la redéfinition des liens entre patrimoine et modernité, entre mémoire et création contemporaine. Une initiative prometteuse qui pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère pour la scène culturelle algérienne.
Amina S.