L’Algérie franchit une étape décisive dans la refonte de son architecture commerciale avec la création de deux organismes nationaux indépendants, consacrés par les décrets exécutifs n°25-233 et n°25-234, publiés au Journal officiel n°60 du 7 septembre 2025. Cette réforme structurelle s’inscrit dans une vision stratégique visant à renforcer la souveraineté économique, rationaliser les flux commerciaux et diversifier les leviers de croissance hors hydrocarbures. La première entité, l’Autorité algérienne des importations, est conçue comme un établissement public à caractère administratif, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, placé sous la tutelle du ministère du Commerce extérieur.
Sa mission centrale est d’encadrer les opérations d’importation en fonction des besoins réels du marché national. Elle aura pour rôle d’analyser les flux entrants, de suivre les prix mondiaux, de lutter contre les pratiques commerciales illicites et de proposer des mesures de régulation adaptées.
Un registre national des importateurs sera mis en place, en coordination avec les secteurs concernés, tandis qu’une plateforme numérique interconnectée aux systèmes de la Banque d’Algérie, des banques agréées et des Douanes permettra une gestion fluide et transparente des opérations.
L’autorité encouragera également la création d’une centrale d’achats groupés pour optimiser les coûts et renforcer le pouvoir de négociation face aux fournisseurs étrangers. La seconde entité, l’Autorité algérienne des exportations, vise à dynamiser les exportations hors hydrocarbures et à positionner l’Algérie sur de nouveaux marchés internationaux. Elle aura pour mission d’identifier le potentiel exportable des biens et services nationaux, de mener des études prospectives sur les marchés cibles, d’améliorer les standards de qualité des produits algériens et de faciliter la participation du pays aux salons et foires internationales.
Un guichet unique rassemblant les représentants de 14 secteurs permettra de fluidifier les démarches administratives, tandis qu’une plateforme numérique offrira aux exportateurs un suivi en temps réel de leurs dossiers, des services de conseil et un accompagnement personnalisé.
L’autorité pourra également créer des représentations à l’étranger, appelées Maisons de l’Algérie, pour promouvoir le label «Made in Algeria» et renforcer la visibilité des produits nationaux.
Ces deux institutions, financées par des budgets propres et soumises au contrôle du ministère des Finances, bénéficieront d’une période transitoire de six mois pour absorber les missions de l’ancienne Agence nationale de promotion du commerce extérieur (ALGEX), dont la dissolution marque la fin d’un cycle et le début d’une nouvelle ère. À travers cette réforme, l’Algérie affirme sa volonté de bâtir un modèle économique fondé sur la diversification, la transparence et l’efficacité, tout en consolidant sa place comme acteur régional incontournable dans les échanges commerciaux. C’est une avancée majeure vers une intégration plus profonde dans les dynamiques africaines et internationales .
Fateh H.
Souveraineté économique: Deux nouvelles autorités pour refonder le commerce extérieur
