Sid Ahmed Ghozali accompagné,hier, à sa dernière demeure: Ultimes Hommage à «un patriote»

L’ancien chef du gouvernement, Sid Ahmed Ghozali, a été accompagné, hier, à sa dernière demeure, dans un enterrement qui a rassemblé des centaines de citoyens, d’hommes politiques, mais aussi de toutes celles et de tous ceux avec qui, l’homme avait fait un bout de chemin durant sa longue carrière au service de l’Algérie.
Il y avait des anciens ministres, et d’anciens chefs du gouvernement, des compagnons et des amis, en plus de l’actuel Premier ministre, Nadir Larbaoui, du directeur de Cabinet de la Présidence, Boualem Boualem et de membres du gouvernement, au cimetière de Ben Aknoun où Ghozali se reposera désormais.
«L’homme au papillon» qui a servi le pays pendant plus de 30 ans, à commencer par des fonctions dans des départements ministériels au lendemain de l’indépendance, jusqu’à être chef du gouvernement (1991/1992), et enfin ambassadeurs à Paris entre 92 et 94, décédé à l’âge de 88 ans, a eu droit à une pluie d’hommages et de témoignages. Tous lui reconnaissaient son « patriotisme », son « esprit d’écoute », mais aussi son « humilité » dans son travail.

Larbaoui, Boualem Boualem et plusieurs ministres présents
Parmi les acteurs qui ont travaillé avec lui et même après, dans le même poste de premier plan, Mokdad Sifi, ancien chef du gouvernement qui a salué « un homme qui s’est beaucoup sacrifié depuis le début (Pour l’Algérie)». «A l’époque, il n’y avait rien, mais il (Ghozali) a participé à l’édification du pays», a souligné Sifi, alors que Ramtane Lamamra, ancien ministre des AE, se rappelle d’«un homme patriote qui défend les intérêts du pays, et qui avait un grand sens de collaboration entre les différents secteurs, avant
toute prise de décision ».
Dans le secteur de l’Energie où il a eu l’honneur d’être le premier P-DG de Sonatrach (1966/1977), Ghozali a également laissé un vide immense. Abdelmadji Attar, ancien ministre du secteur s’en souvient : «Depuis l’indépendance, avec d’autres comme Belaid Abdessalam, il a créé et mis les bases de l’industrie
des hydrocarbures, avant de participer activement
à la nationalisation des hydrocarbures. Plus tard, il est resté toujours lié au secteur de l’énergie, et était proche du Club énergie où il intervenait souvent et assistait à nos rencontres».

«Un vrai patriote»
Dans une tribune sur X sous le titre «un patriote, une compétence et des ambitions pour l’Algérie», l’ancien ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Rahabi, a rendu hommage à un homme qui « aura traversé l’histoire de l’Algérie combattante et celle d’après l’indépendante avec un engagement sincère et sans concessions». Rahabi témoigne d’un responsable qui «était animé à chaque fois, par la conviction profonde de servir non pas des hommes mais un Etat en construction, qu’il savait tiraillé entre l’appétit immodéré de pouvoir de ses enfants et les convoitises des puissances étrangères».
Un autre homme politique qui a également eu à le connaitre, Said Sadi en l’occurrence, l’a qualifié de « bougie dans un tunnel ». «Il s’est éteint comme il a vécu : dans la dignité. Tous ceux qui l’ont connu ont apprécié un homme intègre, généreux et lucide. Pour lui, le vrai courage n’est pas de toujours dire non, mais d’accepter de figurer dans un univers que l’on réprouve parce que l’intérêt général l’exige. Il supporta cette délicate charge chaque fois que la nation était en péril», a écrit l’ancien président du RCD sur sa page facebook.
Il part «dans la dignité»
Pour rappel, mardi, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune a adressé un message de condoléances à la famille de feu Ghozali, estimant qu’ «avec sa disparition, l’Algérie perd l’un des hommes qui ont servi le pays à travers de hautes fonctions et responsabilités au sein des institutions de l’Etat, laissant son empreinte en tant que personnalité nationale de premier plan, témoin d’une période charnière marquée par des mutations et des événements majeurs de la vie nationale ». «Nous faisons nos adieux, avec émotion et tristesse, à l’un des cadres compétents de l’élite intellectuelle qui ont assumé de hautes responsabilités, en tant qu’ambassadeur, ministre et chef de Gouvernement, et qui se sont distingués par leurs riches contributions sur la scène politique nationale», avait ajouté le chef de l’Etat.n
Farid B.

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