Paiements électroniques: L’État choisit le levier fiscal pour accélérer la transition

Dans sa stratégie de modernisation de l’économie et de réduction de l’usage des espèces, l’État active un mécanisme fiscal incitatif qui repose sur un principe simple : encourager les banques et Algérie Poste à promouvoir les paiements électroniques en leur offrant un avantage fiscal en retour.
Concrètement, ces établissements prennent en charge les commissions liées aux transactions numériques, allégeant ainsi le coût pour les citoyens et les commerçants. En contrepartie, ils bénéficient d’une réduction de leur base imposable à l’impôt sur les bénéfices des sociétés.
Cette mesure, reconduite jusqu’au 31 décembre 2026, s’inscrit dans une logique de long terme. L’objectif pour l’État est double : réduire progressivement la circulation des billets hors des circuits bancaires officiels et renforcer la traçabilité des échanges.
En faisant porter l’effort d’incitation par les acteurs financiers, les pouvoirs publics évitent une charge directe sur le contribuable tout en accélérant la transition vers une économie plus transparente.
Au-delà de la simplification administrative, c’est une transformation structurelle que vise l’exécutif.
Moins de liquidités en circulation signifie davantage de transactions formalisées, une meilleure lutte contre l’informel et une inclusion financière renforcée.
En prolongeant ce dispositif jusqu’à la fin de l’année, l’État envoie un signal clair : la dématérialisation des paiements n’est plus une option, mais un cap durable. Et c’est par l’impôt, levier puissant et discret, qu’il choisit d’accompagner ce basculement.
Anais G.