L’Union européenne s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de rapprochement avec les pays du sud et du sud-est de la Méditerranée, à travers un pacte régional en cours de préparation.
Cette initiative, portée par la Commission européenne et soutenue par plusieurs États membres, vise à supprimer progressivement les barrières commerciales et à renforcer la coopération dans des secteurs clés tels que le numérique, l’énergie, l’environnement et les normes du travail.
L’objectif affiché est clair : aligner certains pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient sur les règles du marché unique européen, tout en favorisant une convergence économique et réglementaire durable. Selon un document interne de la Commission, révélé le 26 août par Euronews, ce projet rassemble les contributions de pays partenaires, d’acteurs économiques et d’États membres.
Il devrait être officiellement présenté à la mi-octobre. La démarche s’inscrit dans une volonté stratégique de diversification des échanges, dans un contexte marqué par la nécessité de réduire la dépendance européenne vis-à-vis de la Russie et de la Chine. Elle traduit également une relance des ambitions euro-méditerranéennes, longtemps restées en suspens depuis la Déclaration de Barcelone de 1995, qui avait envisagé la création d’une zone de libre-échange régionale sans jamais aboutir.
Le pacte concerne directement l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Égypte, la Jordanie, le Liban, la Palestine et la Syrie. Il prévoit également d’intégrer les perspectives de pays voisins tels que la Turquie et les États du Golfe, en reconnaissant leur poids stratégique et leur influence régionale. L’initiative vise à consolider les partenariats dans une région soumise à de fortes tensions géopolitiques et économiques, notamment dans ses relations avec les États-Unis et la Chine.
Les propositions contenues dans le document appellent à une modernisation des accords existants, à l’élimination des barrières commerciales et à un soutien accru aux producteurs locaux. L’accent est mis sur l’harmonisation réglementaire, l’accès au marché et la construction de chaînes de valeur communes dans les domaines du numérique, des transports et de l’énergie propre. Le texte évoque également la nécessité de développer des chaînes agro-industrielles transfrontalières, de moderniser les douanes, de promouvoir les labels verts et d’adopter des règles d’origine claires et partagées. La simplification des procédures, le soutien aux PME et aux entreprises vertes, ainsi que la réduction des barrières non tarifaires figurent parmi les priorités.
Le document souligne aussi l’importance de l’adaptation aux normes européennes, notamment dans le domaine du numérique et de la gestion douanière, avec des références explicites au règlement général sur la protection des données (RGPD) et à l’administration en ligne. Des échanges entre pairs sont envisagés pour accompagner cette convergence.
Enfin, un groupe de pays partenaires met l’accent sur la nécessité d’une convergence en matière d’énergie propre et de normes environnementales, confirmant que ce pacte régional ne se limite pas à une logique commerciale, mais s’inscrit dans une vision globale de développement durable, d’intégration stratégique et de coopération renforcée entre les deux rives de la Méditerranée .
Khemissi M.
l’UE relance l’intégration régionale: Vers un pacte euro-méditerranéen
