Alors que la campagne pour l’élection présidentielle anticipée en Algérie touche à sa fin, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) rappelle avec fermeté l’importance cruciale du respect du silence électoral. Cette période de calme avant la tempête électorale constitue le dernier rempart contre les dérives et les excès, garantissant ainsi l’équité du scrutin démocratique.
À partir de ce mercredi 4 septembre et jusqu’au jour fatidique du 7 septembre, aucune activité de propagande électorale ne sera tolérée sur le territoire national. En vertu de l’article 74 de l’ordonnance 21-01 portant loi organique sur le régime électoral, tout acte de campagne par quelque moyen que ce soit est formellement interdit pendant cette période de recueillement civique.
Cette trêve politico-médiatique n’est pas un simple caprice réglementaire. Elle répond à un impératif démocratique fondamental : permettre aux citoyens de se forger une opinion libre et éclairée, à l’abri des dernières tentatives d’influence ou de désinformation. Un espace de réflexion sereine, loin des joutes oratoires et des coups de communication. Au-delà des candidats et de leurs équipes de campagne, l’ANIE interpelle également avec vigueur les médias dans leur ensemble. Presse écrite, audiovisuelle ou en ligne, tous sont désormais soumis à l’obligation du silence électoral sous peine de sanctions.
Fini les interviews musclées, les communiqués assassins ou les analyses partisanes. Place à l’objectivité et au devoir de réserve. Même l’arme redoutable des sondages électoraux est mise sous l’éteignoir pendant 72 heures, conformément à l’article 81 de la loi organique.
Une sage décision qui évite les dernières manœuvres d’influence à grands renforts de chiffres
douteux et de prédictions hasardeuses.
En somme, le silence électoral apparaît comme le dernier verrou démocratique avant le scrutin
décisif. Un couvre-feu salutaire imposé à tous les acteurs politiques et médiatiques, gage d’équité
et de sérénité pour les citoyens-électeurs.
Derrière cette parenthèse apaisée se dessine l’espoir d’une expression populaire libre et massive, débarrassée des écumes de la surenchère électoraliste. Un pari que l’ANIE semble bien décidée à gagner en rappelant avec fermeté ce prérequis fondamental du jeu démocratique.
Car au fond, le silence électoral n’est autre que le chuintement discret d’une démocratie en bonne santé qui s’apprête à livrer son verdict souverain. Un moment décisif et solennel qui, pour être pleinement légitime, se doit d’être préparé dans le calme et le respect des règles édictées .
Khemissi.M.

