Dans le désert de Timimoun, un projet agricole d’envergure prend forme, porté par une alliance stratégique entre l’État algérien, via le Fonds National d’Investissement (FNI), et le groupe italien BF Spa, à travers sa filiale BF El Djazair.
D’un montant de 420 millions d’euros, ce programme s’étend sur 36 000 hectares et ambitionne de faire de l’Algérie un acteur majeur dans la production de céréales et de légumineuses stratégiques.
Lors d’une réunion de suivi tenue jeudi dernier, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Oualid, a salué l’avancement du projet aux côtés du PDG de BF Spa, Federico Vecchione, et d’une délégation de BF El Djazair.
Les travaux progressent selon le calendrier prévu, avec une mobilisation accrue autour de la campagne de labours-semailles 2025–2026. Pour garantir le bon déroulement des opérations, le ministre a donné des instructions claires visant à lever les obstacles logistiques et administratifs.
Les infrastructures de base, routes, énergie, télécommunications, sont déjà en cours de réalisation, jetant les fondations matérielles de ce méga-projet.
Qualifié de «modèle pionnier» d’investissement agricole moderne, le projet repose sur la recherche scientifique, l’innovation technologique et le transfert de savoir-faire.
Il s’inscrit dans le cadre du Plan Mattei, reflétant la profondeur du partenariat algéro-italien dans le secteur agricole. Pour le ministre Oualid, il s’agit d’une «démonstration claire» du potentiel de cette coopération. La deuxième saison opérationnelle a débuté avec l’arrivée de nouveaux équipements d’irrigation couvrant une première tranche de 6 000 hectares.
Cette étape est sécurisée par le forage de 75 puits, garantissant l’approvisionnement en eau. Dès octobre, 150 systèmes d’irrigation à pivot, chacun d’un diamètre de 360 mètres, seront installés pour étendre la surface irriguée.
Le groupe public Sonelgaz, partenaire essentiel du projet, a réaffirmé son engagement à fournir les raccordements nécessaires en électricité et en gaz, condition sine qua non au respect des délais.
Signé en juillet 2024, le projet vise la culture du blé, des lentilles, des haricots secs, des pois chiches, ainsi que l’introduction de cultures stratégiques en rotation comme le soja.
Il prévoit également la construction d’unités de transformation pour la fabrication de pâtes alimentaires, de silos de stockage et d’infrastructures complémentaires. Au-delà de sa portée agricole, ce projet incarne une vision de souveraineté alimentaire et de diversification économique.
Il devrait générer plus de 6 700 emplois, dont 1 600 permanents, et offrir à la région de Timimoun un véritable levier de développement. À terme, ce pôle agricole saharien pourrait devenir un modèle reproductible, conjuguant innovation, coopération internationale et valorisation du potentiel algérien. Une graine semée dans le désert, qui pourrait bien nourrir l’avenir .
Lamine N.
L’Algérie et l’Italie bâtissent un pôle agricole stratégique au cœur du Sahara: Timimoun, laboratoire d’avenir
