Le dernier rapport du groupe de défense des droits de l’enfant KidsRights, publié ce mercredi, tire la sonnette d’alarme sur l’état préoccupant de la santé mentale des enfants et adolescents à travers le monde. Les données recueillies par l’organisation basée à Amsterdam, en collaboration avec l’Université Erasmus de Rotterdam, révèlent que plus de 14% des jeunes âgés de 10 à 19 ans souffrent de troubles psychologiques. Le suicide représente par ailleurs une cause majeure de mortalité chez les 15-19 ans, avec un taux moyen de 6 décès pour 100 000 adolescents. Marc Dullaert, fondateur et président de KidsRights, qualifie ces résultats de « signal d’alarme impossible à ignorer ». Il pointe du doigt l’expansion incontrôlée des plateformes sociales, accusées de privilégier l’engagement des utilisateurs au détriment de leur sécurité. « La crise du bien-être mental de nos enfants a atteint un point de bascule, directement aggravé par ces réseaux qui favorisent des comportements compulsifs », déplore-t-il.
Les réseaux sociaux, un facteur aggravant aux conséquences inquiétantes
Le rapport met en lumière une « corrélation troublante » entre la détérioration de la santé mentale des jeunes et ce que KidsRights décrit comme une utilisation « problématique » des réseaux sociaux – caractérisée par une addiction nuisant au fonctionnement quotidien. Les chiffres varient selon les régions, mais l’Europe se distingue particulièrement : 13% des enfants de 13 ans y présentent un risque élevé de dépendance aux plateformes sociales, tandis que 39% des adolescents de 15 ans admettent être en contact permanent avec leurs pairs via ces outils numériques.
Face à ces constats, le manque de données exhaustives sur le sujet apparaît comme un obstacle majeur. KidsRights appelle à une action coordonnée et urgente pour limiter l’impact nocif de l’environnement digital sur les jeunes générations. Sans mesures concrètes, la crise actuelle pourrait s’aggraver, mettant en péril l’équilibre psychologique et émotionnel des enfants à l’échelle mondiale.
Fateh H.
