L’Algérie a annoncé, hier, l’adoption de modifications spécifiques au code pénal, touchant notamment les articles 87 bis et 96, relatifs aux crimes qualifiés de « terroristes et de sabotage ». Cette annonce a été faite dans le cadre de la 58e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, où la diplomatie algérienne a également mis en avant les réformes engagées pour lutter contre la haine, protéger les enfants, promouvoir les droits des femmes et mettre en œuvre les recommandations des rapporteurs spéciaux de l’ONU.
Lors de son intervention, l’ambassadeur et représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations Unies à Genève, Rachid Bladhane, a souligné l’engagement de son pays en faveur du multilatéralisme et des droits de l’homme. Il a rappelé que l’Algérie avait soumis, de manière volontaire, un
rapport à mi-parcours dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU) et avait accueilli deux rapporteurs spéciaux de l’ONU en 2023 :
Clément Nyaletsossi Voule, chargé des droits à la liberté de réunion pacifique et d’association, et Mary Lawlor, chargée de la protection des défenseurs des droits de l’homme.
Bladhane a précisé que les recommandations de ces experts avaient été concrétisées par des réformes législatives, notamment la révision des articles 87 bis et 96 du code pénal, visant à renforcer la lutte contre le terrorisme et les actes de sabotage. Il a également évoqué la création de l’Observatoire national de prévention de la discrimination et du discours de haine, placé sous l’autorité de la présidence de la République, qui jouera un rôle clé dans la sensibilisation et la lutte contre ces fléaux.
Protection des enfants et promotion des droits des femmes
Le diplomate algérien a également abordé les avancées en matière de protection des droits de l’enfant, avec la mise en place d’une commission chargée d’élaborer un plan d’action national pour l’enfance (2025-2030). Ce plan vise à renforcer les mécanismes de protection des enfants, à criminaliser toutes les formes de violence et d’exploitation à leur encontre, et à garantir les droits des enfants à besoins spécifiques. Concernant les droits des femmes, Bladhane a rappelé les récentes mesures adoptées, notamment l’extension du congé de maternité à cinq mois, avec une couverture intégrale du salaire par la sécurité sociale. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre des efforts continus de l’Algérie pour promouvoir l’égalité des sexes et protéger les droits des femmes.
Sécurité sanitaire et préoccupations régionales
Sur le plan de la santé, l’Algérie a approuvé une stratégie nationale de sécurité sanitaire (2025-2030), visant à renforcer la résilience du système de santé face aux risques sanitaires actuels et futurs.
Enfin, sur la scène internationale, l’Algérie a exprimé sa préoccupation face à la détérioration de la situation humanitaire dans les territoires palestiniens occupés et au Sahara occidental.
Bladhane a appelé à une mission d’enquête internationale pour documenter les violations systématiques des droits de l’homme au Sahara occidental et a réitéré son soutien à la cause palestinienne, dénonçant les conséquences de la guerre en cours. L’Algérie a ainsi réaffirmé son engagement en faveur des droits de l’homme, tout en appelant à une action internationale pour résoudre les crises régionales .
Farid B.
