Le parti du Front de libération nationale (FLN), a lancé l’opération de renouvellement des bureaux des mouhafadhas, comme phase finale de la restructuration engagée par la direction nationale à sa tête le SG Abdelkrim Benmbarek. Confronté à une fronde menée par des cadres et militants opposés à sa gestion, le patron de l’ex-parti unique entend poursuivre sa mission jusqu’au bout. Cette étape est la dernière qui clôture un processus de restructuration entamé en décembre 2024, au cours duquel le parti s’est déjà doté de nouvelles cellules et de nouveaux bureaux de Kasma, au niveau de la base. La mission de Benmbarek est d’autant plus « nécessaire » explique une source du FLN, et ce pour « sauver sa peau et son bilan ». Lui qui n’a pas réussi à redorer le blason parti de la manière qui le place au devant de la scène politique nationale. En effet, les détracteurs du secrétaire général du FLN vivent mal le fait que leur parti « ne soit pas un interlocuteur privilégié » au sein du pouvoir, au moment où des partis d’opposition le sont. Ils en veulent pour exemple les audiences de concertation accordées par le président de la République à nombre de chefs de partis, au lendemain de sa réélection pour un second mandat alors que Benmbarek n’a pas été convié au palais d’El Mouradia. Pour défendre son programme d’action au sein du parti, Abdelkrim Benmbarek rappelle que cette opération de restructuration relève d’un « engagement pris à l’occasion du 11e congrès » car, a-t-il soutenu dans une vidéo publiée sur la page officielle du parti sur facebook, «le FLN n’a pas été structuré depuis 2010 ». «Tout ce qui se déroulait n’était que temporaire », a-t-il critiqué. Pour lui, il s’agit d’un « défi » au regard justement des résistances qu’il suscite chez certains « habitués aux nominations imposées par le pouvoir », dans une allusion au mouvement de redressement.
L’Instance de coordination pour la sauvegarde du parti, lancée il y a quelques jours pour destituer Benmbarek, est, pour rappel, dirigée par Kaci Abdelkader, ancien sénateur et membre du Comité central du FLN. Elle vise, «à sauver le parti de la situation catastrophique dans laquelle il se débat», selon ses initiateurs qui accusent l’actuelle direction « de faire preuve d’un discours indigent et de commettre des dérives jugées dangereuses, dont la violation des statuts et du règlement intérieur ». Mais, pour le SG du FLN qui ne compte pas se laisser faire, ces derniers jouent avec le feu. «L’utilisation du logo et du symbole du parti dans des contextes illégi times et non autorisés constitue une usurpation d’identité et expose son auteur à des poursuites judiciaires», a-t-il averti dernièrement dans un entretien à El Khabar .
Farid B.
