Étude des deux recours, chiffres imprécis de l’ANIE, taux de participation: La Cour constitutionnelle en mission rattrapage

Apeine les recours des deux candidats malheureux à l’élection présidentielle, Abdelaali Hassani Cherif et Youcef Aouchiche, déposés, la Cour constitutionnelle a entamé l’examen des documents introduits, en particulier les « preuves » qui accablent l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Deux groupes de travail ont déjà « été installés » pour procéder à « l’examen de tous les procès-verbaux (PV) et au calcul des voix, dans l’attente de la réception du dernier procès-verbal (PV) de centralisation des votes de la commission électorale de la communauté nationale établie à l’étranger », selon Ahmed Ibrahim Boukhari, Directeur général des affaires juridiques et de la justice constitutionnelle au niveau de la même Cour. Cette dernière a désormais un délai de dix jours pour annoncer les résultats définitifs des élections présidentielles. « La Cour constitutionnelle statue sur les recours dans les trois (3) jours. Si elle estime les recours fondés, elle reformule par décision motivée, le procès-verbal des résultats établis.
Elle proclame les résultats définitifs de l’élection présidentielle dans un délai de dix (10) jours, à partir de la date de réception des procès-verbaux transmis par le Président de l’Autorité indépendante », stipule l’article 260 de l’Ordonnance n° 21-01 du 10 mars 2021 portant loi organique relative au régime électoral. Au-delà de la forme, c’est sur le fond qu’est attendue la Cour que préside Omar Belhadj, appelée à rattraper les erreurs de l’ANIE de Mohamed Charfi, et éclairer l’opinion publique sur les vrais chiffres de ce scrutin. En effet, les algériens ont tous suivi la conférence de Charfi, dimanche 8 septembre dans l’après-midi, qui les a laissés perplexes. Alors que d’habitude, cette conférence est organisée au plus tard à 11 heures, Charfi a paradoxalement tout fait pour noyer son intervention avec un discours long pour qu’à la fin donner le classement des trois candidats, sans fournir le taux de participation au niveau national, ni d’autres détails comme les bulletins nuls et le vote par sexe et tranche d’âges, comme de tradition. Cerise sur le gâteau, les journalistes n’ont pas eu droit à la séance questions-réponses. Tout ce flou qui a entouré la sortie de Mohamed Charfi a créé du mécontentement au sein de la société et de la classe politique. Mécontentement exprimé même par les candidats y compris le vainqueur. Leurs directions de campagne avaient, rappelle-t-on, cosigné un communiqué, dans lequel elles ont fait état d' »imprécisions, des contradictions, des ambiguïtés et des incohérences relevées », citant entre autres des « imprécisions et des contradictions dans les chiffres des taux de participation annoncés et des contradictions entre les chiffres annoncés par le président de l’Autorité et les procès-verbaux de dépouillement et de concentration des voix remis par les commissions électorales communales et de wilaya ». Ainsi, la mission de la Cour constitutionnelle ressemble à une séance de rattrapage pour corriger l’ANIE dont le travail n’a pas été à la hauteur de l’évènement, malgré que la victoire de président-candidat reste incontestable, de par la reconnaissance indirecte de ses deux adversaires qui n’ont pas trouvé à dire sur le sujet .
Farid B.

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