«Escobar du Sahara»: De nouveaux aveux ébranlent le Makhzen

Des médias marocains rapportent que Haj Ahmed Ben Ibrahim, figure centrale du réseau international de trafic de drogue connu sous le nom «d’Escobar du Sahara», a livré de nouvelles déclarations explosives.
Depuis sa cellule à la prison d’Al-Zaki, à Salé, il aurait mis en cause plusieurs personnalités influentes du système makhzénien, issues des sphères politique, financière et économique.
Selon ces sources, un important dispositif sécuritaire et judiciaire a été déployé récemment dans l’établissement pénitentiaire, à l’issue d’un long interrogatoire lié à une plainte récente déposée par le suspect devant les autorités judiciaires de Rabat.
Ben Ibrahim y dénonce l’implication de «noms précis» parmi les hauts responsables du régime.
Les procès-verbaux de cette audition ayant été transmis au parquet compétent, de nouvelles procédures judiciaires pourraient viser d’autres personnes soupçonnées d’être mêlées à l’affaire.
Révélée fin 2023 par la presse internationale, l’affaire «Escobar du Sahara» a mis au jour un vaste trafic de stupéfiants couvrant plusieurs continents.
À sa tête, Haj Ahmed Ben Ibrahim entretiendrait un réseau de relations étroites avec des responsables de premier plan du Makhzen.
Des personnalités politiques, sécuritaires, des hommes d’affaires et même des responsables sportifs ont été citées lors des procès. Parmi elles figurent des ministres en exercice, notamment le garde des Sceaux Abdellatif Ouahbi et le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mehdi Bensaid.
Les audiences tenues sous pression internationale ont également révélé une «complicité au sein de l’armée marocaine» le long des frontières.
Des militaires auraient accepté des pots-de-vin pour faciliter, pendant près de deux décennies, l’acheminement de plus de 200 tonnes de cannabis vers l’Algérie. Cette filière aurait profité à Abdel Nabi Baïoui, ancien parlementaire, homme politique et chef d’entreprise marocain.
La presse espagnole a, de son côté, souligné l’implication de hautes figures du Makhzen dans le trafic de drogue. Selon ces enquêtes, les services de renseignement superviseraient le passage de ces stupéfiants, dont les revenus serviraient à financer les ambitions hégémoniques du régime et ses tentatives de déstabilisation régionale. Il est même affirmé que «l’Escobar du Sahara» serait une création du Makhzen, lequel l’aurait transformé, en quelques années, de simple berger en baron de la cocaïne, propriétaire d’une flotte de voitures de luxe et protégé des mandats d’arrêt internationaux, y compris ceux d’Interpol.
Pour de nombreux observateurs, les procès en cours ne sont que «de pure forme», ouverts sous la contrainte médiatique après que la presse étrangèrea exposé les ramifications de ce scandale planétaire, alors que des mandats d’arrêt internationaux pèsent sur plusieurs protagonistes.
M. M./Agences