Lors du sommet « AI for Good » tenu à Genève, l’Union internationale des télécommunications (UIT), organe des Nations unies, a publié un rapport incisif appelant à une mobilisation urgente contre les dérives de l’intelligence artificielle, notamment les contenus truqués et les « deepfakes ».Ces contenus synthétiques, capables d’imiter de manière troublante des voix, des visages et des gestes humains, représentent une menace croissante pour la démocratie, la sécurité et la cohésion sociale. L’UIT exhorte les entreprises technologiques à adopter des outils avancés de détection et de vérification, et recommande aux plateformes de médias sociaux de filtrer les images et vidéos avant leur diffusion.
« La confiance dans les réseaux sociaux s’est effondrée, car les utilisateurs ne savent plus distinguer le vrai du faux », a déclaré Bilel Jamoussi, directeur adjoint du Bureau de la normalisation des télécommunications de l’UIT.Face à cette crise de confiance, l’UIT travaille à l’élaboration de normes internationales pour le filigranage des vidéos, qui représentent à elles seules 80 % du trafic Internet. Ces standards visent à intégrer des métadonnées fiables — identité du créateur, date de création — afin de garantir la traçabilité des contenus et de freiner la propagation des manipulations numériques.
Ce rapport s’inscrit dans une dynamique plus large de régulation éthique de l’IA, où la transparence, la responsabilité et la sécurité deviennent des impératifs mondiaux. L’UIT appelle à une gouvernance internationale cohérente pour que l’intelligence artificielle serve le bien commun, et non les intérêts obscurs de la désinformation.
Fateh H.

