Crise Algérie-France:Les messages du Président Tebboune à Macron

Exit Retailleau et place à la discussion entre présidents ou ministres des Affaires étrangères de l’Algérie et de la France ! C’est le message entre les lignes que vient d’adresser le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à son homologue Emmanuel Macron, pour un retour à la normale dans les relations bilatérales frappées d’une crise sans précédent depuis des semaines. Interrogé lors l’entrevue périodique avec les médias de la presse nationale, diffusée samedi soir sur les chaînes de Télévisions et de Radios nationales, le chef de l’Etat a remis les pendules à l’heure, évoquant un «brouhaha » et un « capharnaüm » pour décrire l’acharnement de l’extrême droite et de milieux français nostalgique du colonialisme, sur l’Algérie. «Je dirai trois mots pour ne pas tomber dans le brouhaha et le capharnaüm politique qu’il y a actuellement là-bas (en France). Nous, on garde comme point de repère et unique pour moi, le président (Emmanuel) Macron. Nous travaillons ensemble », a déclaré Abdelmadjid Tebboune, replaçant ainsi le dossier Algérie-France dans son cadre naturel, à savoir les relations diplomatiques gérées en haut lieu, non pas par un ministre de l’Intérieur qui fait de l’Algérie son agenda quotidien.

« Je travaille avec Macron »
En effet, Bruno Retailleau est plus investi sur son sujet de prédilection qui est l’Algérie, que sur les problèmes internes des français dont il est responsable. L’homme qui vise la présidence du parti
‘’Les Républicains’’ (Droite), exploite la crise entre Alger et Paris pour rester aux devants de la scène politique. Une crise, faut-il le rappeler, qui remonte à juillet 2024 lorsque la France a reconnu la prétendue « marocanité » du Sahara occidental, puis accentuée par l’arrestation de Boualem Sansal en Algérie, en novembre de la même année. S’ensuivent alors attaques, menaces et ultimatum du ministre français de l’Intérieur et du Premier ministre, sur le sujet des OQTF que l’Algérie tient à ce qu’ils soient traités dans un cadre légal, non pas d’injonctions. En tout cas, les deux pays auraient pu éviter tout ce temps perdu, si la crise était traitée du côté français, par le département ministériel habilité, à savoir le ministre des Affaires étrangères. Et c’est ce que vient d’exiger, en quelque sorte, le chef de l’Etat. Tebboune, reconnaissant qu’«il y a eu», certes, «un moment d’incompréhension» entre les deux pays, affirme qu’Emmanuel Macron «reste le président de la République française».
«Et personnellement, tous les problèmes doivent se régler avec lui ou avec la personne qu’il délègue, à juste titre et dont ce sont les prérogatives, à savoir les ministres des Affaires étrangères», a-t-il tranché, ajoutant que pour l’Algérie, ce «dossier de contentieux avec la France créé de toutes pièces, est entre de bonnes mains, de quelqu’un de très compétent et qui a toute ma confiance » en l’occurrence, « le ministre des AE » Ahmed Attaf. Plus ferme encore, le Président Tebboune rappelle que l’Algérie et la France sont «états indépendants, une puissance européenne et une puissance africaine et les deux présidents travaillent ensemble», avant de clore que «tout le reste ne nous concerne pas» !

Un contentieux « créé de toutes pièces »
Par ailleurs et sur l’alignement de la France sur la thèse marocaine au Sahara occidental, le président de la République a lâché : «Nous ne sommes pas dupes. Nous savons que l’histoire de l’autonomie est française avant qu’elle ne soit défendue par nos voisins de l’Ouest ». Rappelant que la France n’a jamais caché son amitié avec le Maroc, Tebboune assure que « cela ne nous dérange pas, contrairement à ce qui se dit » car « ce sont deux relations verticales ». Toutefois, ce qui « pose problème », c’est que cela soit fait « d’une manière ostentatoire », a-t-il regretté, avant d’assurer que ce soutien affiché au colonisateur «dérange la légalité internationale et l’ONU dont la France est membre permanent du Conseil de sécurité».
Farid B.

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