La criminalisation de la colonisation en Afrique prend les allures d’une affaire consensuelle parmi les pays africains. Ces derniers qui ont subi pendant des décennies la colonisation (française, britannique, portugaise, espagnole…) veulent désormais internationaliser le dossier. C’est là l’une des décisions phares du dernier sommet de l’Union africaine (UA) qui a décidé de classifier la colonisation comme des « crimes contre l’humanité et comme des génocides perpétrés à l’encontre des peuples africains ».
Quatre pays, à savoir l’Algérie, l’Afrique de Sud, le Togo et le Ghana sont mandatés à l’effet d’assurer la mise en œuvre de cette décision sur le plan international. Et sur ce plan, l’ONU est l’organisation internationale la plus indiquée pour procéder à la criminalisation de la colonisation, à travers un
projet de résolution. L’Algérie a déjà affirmé qu’elle ne ménagera aucun effort à s’acquitter de cette mission avec tout l’engagement et toute la détermination qui puisent leur inspiration des sacrifices consentis par l’ensemble des peuples africains au service de la libération de leurs Etats et du recouvrement de leurs souverainetés et de leurs indépendances.
« L’Algérie, qui a connu pendant cent-trente-deux ans de son histoire, les affres et les horreurs d’une colonisation de peuplement unique en son genre, soutient avec force cette décision qui représente une étape majeure dans le processus de quête de reconnaissance, de justice et de réparation des crimes subis par les peuples africains », a souligné le ministère des Affaires étrangères. Sans aucun doute, un projet de résolution pour criminaliser la colonisation sera déposé au niveau de l’ONU. L’Algérie occupe actuellement un poste de membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.
Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf avait fait état en juillet 2024 de l’existence d’une initiative au sein de l’Union africaine pour la criminalisation de la colonisation à l’ONU. « L’Algérie sera parmi ses premiers défenseurs », avait-il assuré. La décision de l’UA intervient dans un contexte particulier, marqué par des tensions intenses entre plusieurs pays africains et la France, l’ancienne puissance coloniale. Certains pays ont décidé de chasser l’armée française de leur territoire, au moment où d’autres sont en crise ouverte avec Paris, dénonçant son ingérence dans leurs affaires internes.
Fateh H.
Criminalisation de la colonisation en Afrique: Vers la proposition d’une résolution à l’ONU
