Les caprices du climat pèsent lourd sur le secteur du Bâtiment et des Travaux publics en Algérie. La Caisse nationale des congés payés et du Chômage-intempéries des secteurs du Bâtiment, des Travaux publics et de l’Hydraulique (CACOBATHP) a enregistré une explosion sans précédent des indemnisations pour arrêts de chantiers liés aux intempéries entre janvier-février 2024 et la même période en 2025, révélant l’impact concret du dérèglement climatique sur l’économie nationale.
Invitée ce matin de l’émission «L’invité du jour» de la Chaîne 3 de la Radio Algérienne, Mme Mounia Syham Benyounès, directrice centrale à la CACOBATPH, a livré des chiffres éloquents : «plus de 2 500 arrêts de chantiers ont été enregistrés du 1er janvier au 15 février 2025, contre 1 400 sur la même période de l’année 2024».
Une hausse de plus de 1 100 interruptions en seulement un an, qui se traduit financièrement par «près de 121 millions de dinars versés sur ladite période de 2025, alors que ce même chiffre avait été d’à peine 58 millions de dinars sur la même période de 2024». Le doublement des indemnités en l’espace d’un an constitue un signal d’alarme pour les professionnels du secteur.
La mission essentielle de la Caisse est d’indemniser les employeurs des secteurs du Bâtiment et de l’Hydraulique lors des arrêts forcés sur les chantiers pour cause climatique, qu’il s’agisse d’intempéries, de canicule ou d’autres phénomènes météorologiques extrêmes. L’employeur étant dans l’obligation, durant cette période, de maintenir les salaires de ses employés à hauteur de 75%, ce dispositif permet de sécuriser aussi bien les projets que les travailleurs, mais expose désormais les entreprises à des coûts croissants liés à l’instabilité climatique.
Parallèlement à ce constat préoccupant, Mme Benyounès a annoncé une bonne nouvelle pour l’institution : la CACOBATHP vient d’obtenir, en ce mois de février, trois nouvelles certifications ISO attestant de sa conformité aux normes internationales.
Il s’agit de «la 45001 pour la sécurité et la santé, la 9001 pour le management par la qualité et la 14001 pour l’environnement dans le travail», a-t-elle précisé, soulignant que «ceci vise à assurer le meilleur service envers nos clients, employeurs et salariés».
La Caisse, qui a célébré son 29e anniversaire (créée en février 1997), continue à recevoir «des audits annuels de surveillance très rigoureuses».
Le secteur du bâtiment représente 75% du portefeuille de la CACOBATPH, les travaux publics 4% et l’hydraulique 2% à 3%.
Forte de sa certification 45001 relative à la santé et la sécurité des travailleurs, l’institution mène également des campagnes de sensibilisation en direction des employeurs pour les inciter à procéder aux déclarations des arrêts de chantiers en cas de canicule, un phénomène appelé à se multiplier avec le réchauffement climatique.
En matière de modernisation des services, la CACOBATHP accorde une attention particulière à la numérisation. Mme Benyounès a rappelé l’existence du portail «tasrihatkom» où les employeurs peuvent télé-déclarer leurs arrêts de chantiers, transmettre leurs dossiers et recevoir leurs indemnités chômage-intempéries, des actes désormais totalement numérisés «durant l’année 2025».
Une avancée technologique qui facilitera le traitement des demandes, appelées à se multiplier si la tendance climatique actuelle se confirme.
Samira G.
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