Après la rencontre Attaf-Albares,ciel dégagé et reprise des visites officielles: Alger – Madrid «todo está bien»

Non déplaise au  »voisin » de l’Ouest qui voit suit de près tous les mouvements d’Alger sur le plan international, la relation entre l’Algérie et l’Espagne a bel et bien retrouvé son rythme normal après l’incident de mars 2022, désormais classé dans le registre des faux pas.
Hier, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Brahim Merad, s’est envolé à destination de Madrid, capitale espagnole, sur invitation de son homologue le ministre de l’Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska Gomez. Cette visite officielle de deux jours, selon un communiqué du département de Merad « permettra d’examiner les dossiers de coopération bilatérale dans les domaines d’intérêt commun ». Le ministre de l’Intérieur est d’ailleurs accompagné par le directeur général de la Sûreté nationale, Ali Badaoui, et le directeur général de la Protection civile, Boualem Boughelaf. En clair, les échanges dépasseront l’aspect protocolaire et devraient être ponctués par des accords à mettre en noir sur blanc. De quoi acter définitivement le réchauffement des relations bilatérales entre les deux pays qui demeurent malgré tout « amis ».
Le déplacement de Brahim Merad intervient, faut-il le souligner également, au lendemain d’un tête-à-tête entre les deux chefs de la diplomatie des deux pays, en Afrique du Sud. En effet, le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ahmed Attaf, a rencontré vendredi dernier, son homologue espagnol, Jose Manuel Albares en marge du sommet du G20 qui s’est déroulé à Johannesburg. Attaf et Albares ont, selon ce qu’a écrit ce dernier sur X, abordé «le renforcement des relations bilatérales, les questions internationales à l’image de la situation au Sahel, en Palestine et en Ukraine ainsi que le dossier méditerranéen». Il semblerait donc que les deux ministres aient balisé le terrain pour la reprise des visites officielles, preuve en est d’ailleurs celle de Merad et qui sans doute sera suivie d’autres, maintenant que le ciel est dégagé entre Alger et Madrid.
Une nouvelle page s’ouvre ainsi entre l’Algérie et l’Espagne après plus de deux ans de crise diplomatique déclenchée en mars 2022 par la décision du gouvernement espagnol de «s’aligner sur les thèses du Maroc» dans le dossier du Sahara occidental en apportant «son appui» au prétendu plan d’autonomie. Une démarche à laquelle avait réagi Alger en suspendant, en juin de la même année, traité d’amitié, de coopération et de bon voisinage signé entre les deux pays en 2002, après avoir rappelé son ambassadeur à Madrid. Ce n’est qu’en novembre 2023 que l’Algérie a nommé un nouvel ambassadeur, estimant que le gouvernement espagnol «a reconsidéré sa position concernant le Sahara Occidental». Et c’est en novembre dernier que les échanges commerciaux ont repris officiellement après la reprise de la domiciliation bancaire des opérations de commerce extérieur de et vers l’Espagne, par les banques.
Depuis, de nombreux projets en suspens dans lesquels des entreprises espagnoles étaient engagées, ont été relancés, faut-il le souligner, à l’image de la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud où le groupe espagnol  »Tecnicas reunidas », est partenaire avec Sinopec (Chine) et Sonatrach. Félicitant la semaine dernière l’écrivain Yasmina Khadra, pour le Prix du Parlement des écrivains de la Méditerranée qui lui a été décerné à Valence, le président Abdelmadjid Tebboune n’a pas hésité à qualifier l’Espagne de « pays ami ». C’est dire qu’entre Alger et Madrid, «todo está bien» (tout va bien) ! .
Fateh H.

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