Algerie- France: La rupture est-elle envisageable ?

souvent tendues en raison de leur profondeur et de leur complexité, les relations entre l’Algérie et la France traversent actuellement la crise la plus grave depuis l’indépendance du pays.
L’ampleur de cette crise, déclenchée suite à la décision du président français de reconnaître la marocanité du Sahara occidental, au mépris de la légalité internationale et du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, dépasse toutes les précédentes, y compris celle des années 1970 ( dans le sillage de la nationalisation des hydrocarbures) et celle des années 1990 ( la position de la France vis-à-vis de la décennie noire). Depuis la dernière décision de Macron, on a assisté à une escalade toujours qui monte en puissance. Alimentée d’abord par les figures de l’extrême droite en France, à coup de déclarations hostiles, alternant menaces, chantages et ultimatum, la crise a fini par l’implication du président Macron qui, au lieu de calmer le jeu, a exacerbé les tensions.
Durant toutes les étapes de cette crise inédite, l’Algérie a riposté par la fermeté, appliquant à chaque fois le principe de réciprocité, voire de la prise de décisions radicales, en réaction aux décisions
françaises. C’est le cas de l’Accord algéro-français de 2013 relatif à l’exemption réciproque des visas pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service. Alors que Paris a annoncé sa suspension, Alger a préféré la dénonciation pure et simple. Pour Alger, la souveraineté n’est pas négociable.
Il faut dire que malgré la gravité de la crise, la virulence des déclarations, aucune partie officielle n’a parlé de la rupture des relations entre l’Algérie et la France.
Une telle option est-elle envisageable ?
Au rythme où vont les choses, rien n’est exclu. Certains observateurs estiment que si la crise perdure encore et si Paris persiste dans sa politique de chantage et de menace en refusant de reconnaître la souveraineté du pays, Alger serait contraint de prendre des mesures plus radicales. Surtout que les cartes ne sont pas encore toutes jouées.
En tout cas, il semble que le rapport de force s’est inversé en faveur de l’Algérie, d’où les tentatives de la France de mobiliser les autres pays de l’union européenne contre l’Algérie.
Les observateurs, y compris dans les salons feutrés de Paris, le disent sans détour : le plus grand perdant dans cette crise reste la France .
Fateh H.