Affaire Boualem Sansal: La fin de l’illusion !

Si l’exclusion de Boualem Sansal de la grâce présidentielle décidée à l’occasion de la Fête de l’indépendance, était un signal, un commentaire de l’agence officielle APS semble avoir mis fin aux illusions entretenues jusque-là à Paris. Condamné en appel à 5 ans de prison ferme, l’écrivain franco-algérien arrêté en novembre 2024 à l’aéroport international d’Alger, n’intéresse pas tant que ça les français. « (…) il constitue l’alibi idéal pour relancer, comme il fallait s’y attendre, une nouvelle campagne de haine et de désinformation contre l’Algérie», écrit l’agence officielle dans un commentaire qui ne souffre aucune ambigüité. Défendant une position en parfait accord avec les principes qui guident la politique du pays et sa diplomatie, la même source tranche que malgré tous les aboiements des voix de l’extrême droite nostalgique de ‘’l’Algérie française’’, l’Algérie elle, reste debout et jalouse de sa souveraineté. Et l’affaire Sansal est un dossier interne. «Boualem Sansal est une affaire algéro-algérienne », a-t-elle souligné, ajoutant que «les oukases parisiens n’y changeront rien » au point où «même la bave bollorienne la plus concentrée ne ternira jamais la blancheur d’Alger ». Plus encore, pour briser la polémique entretenue à Paris sur le sort de Sansal, l’APS révèle que pas moins de «2.297 ressortissants français se trouvent derrière des barreaux à travers le monde, sans que l’on hurle «au drame national». « Mais l’Algérie, elle, doit plier.
Parce qu’elle ose juger, sur son sol et selon ses lois, un citoyen algérien de naissance, formé par ses universités, employé par ses institutions et retraité comme cadre supérieur de l’Etat », ironise encore l’auteur du commentaire. Avant de signifier clair, net et précis, que Boualem Sansal «n’est pas un otage ». La vérité c’est qu’il s’agit d’un citoyen jugé pour un délit «relevant de l’ordre interne, lié à l’unité nationale, une ligne rouge pour tout Etat digne de ce nom». En somme, le commentaire recèle plusieurs messages. Mais, force est de constater qu’il vise surtout à mettre fin à l’illusion parisienne que l’on pouvait fléchir ou marchander Alger pour sa souveraineté. Des menaces de représailles, à la dénonciation de certains accord bilatéraux, passant par «la réponse graduée» et les ridicules ultimatums, jusqu’à solliciter un geste humanitaire, les voix de l’extrême droite au pouvoir en France, ont épuisé toutes les cartouches, sans ébranler un instant Alger et sa justice, resté droit dans ses bottes.
Ainsi, on sait désormais dans l’autre rive que la souveraineté de l’Algérie ne peut faire l’objet d’aucun marchandage et que les temps des injonctions sont bien révolus. Si grâce devait avoir lieu à
l’avenir, -sachant que Boualem Sansal n’a, jusqu’à présent, pas fait appel de sa condamnation à la Cour suprême, ce sera aux autorités algériennes de le faire pour des raisons qu’elles jugent adéquates à son cas. Fin de la polémique ! .
Farid B.