Sous le signe de l’ouverture internationale:Le Festival International de Carthage souffle ses 60 bougies

Depuis le 16 juillet et jusqu’au 19 août, l’amphithéâtre antique de Carthage retrouve sa vocation millénaire de grande scène méditerranéenne.
Pour sa soixantième édition, le plus ancien festival de Tunisie, né en 1964 sous l’impulsion d’Habib Bourguiba, a fait le pari d’un anniversaire résolument tourné vers le monde, avec une programmation où 35% des spectacles sont réservés à des productions étrangères.
Le coup d’envoi a été donné par une soirée d’ouverture placée sous le signe de la Tunisie, avec un concert du chanteur Saber Rebaï, avant que la scène ne s’ouvre à la région avec, deux jours plus tard, le passage remarqué de l’Algérien Cheb Khaled.
Un choix qui confirme la place que la chanson algérienne continue d’occuper dans la mémoire musicale collective du Maghreb, à l’heure où le festival cherche justement à réaffirmer son rayonnement régional et international pour cette édition anniversaire.
La semaine qui s’ouvre confirme cette ambition d’ouverture : après le concert des légendaires Jacksons, lundi dernier, le public tunisien découvre ce soir la chanteuse Nordo, avant un enchaînement de rendez-vous marquants — l’Orchestre symphonique tunisien dirigé par le maestro Shady Garfi demain, puis la diva béninoise Angélique Kidjo jeudi, qui foulera pour la première fois la scène de l’amphithéâtre à l’occasion de ses quarante ans de carrière.
Au total, la programmation officielle réunit vingt soirées, dominées très largement par la musique avec dix-neuf concerts, contre une seule proposition théâtrale : la comédie sociale
Al Karhmana de Moez Toumi, programmée le 26 juillet, qui marquera les adieux définitifs de ce spectacle à la scène pour des raisons de santé de son auteur.
Un moment particulier dans une édition par ailleurs largement dominée par l’art musical. L’ouverture internationale, revendiquée comme fil conducteur de ce soixantième anniversaire, se traduit par la venue d’artistes venus du Royaume-Uni, d’Espagne, d’Italie et des États-Unis, aux côtés du rendez-vous béninois déjà cité.
Elle se prolongera avec une soirée multiculturelle intitulée «Folklores du Monde», prévue à la mi-août, qui réunira sur scène des artistes venus de plusieurs pays.
Cette édition, dotée d’un budget de 3,5 millions de dinars et bâtie à partir de dizaines de dossiers soumis par les producteurs, se clôturera fin août par un concert de la chanteuse libanaise Majida El Roumi. Au-delà de l’affiche, c’est bien la portée symbolique de ce soixantenaire qui domine cette édition 2026 : celle d’un festival qui, depuis plus d’un demi-siècle, continue de faire de l’amphithéâtre romain de Carthage un pont entre les cultures méditerranéennes, arabes et africaines, fidèle à la vocation qui l’a vu naître.
Amina S.