Mehdi Boukaouma, politologue et universitaire, alerte: «C’est une guerre dont personne ne connaîtra la fin»

Alors que le conflit au Moyen-Orient entre dans son troisième jour, l’incertitude quant à son évolution est totale. Invité sur les ondes de la Radio Algérienne, le politologue et universitaire Mehdi Boukaouma souligne que chaque jour voit l’entrée de nouveaux acteurs, transformant une confrontation qui aurait pu rester régionale en un risque d’embrasement planétaire. Selon lui, personne aujourd’hui n’est capable de prédire jusqu’où cette crise pourrait s’étendre.
Boukaouma salue l’initiative diplomatique du président Tebboune, qui a multiplié les contacts avec plusieurs chefs d’État pour évoquer «la grave détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient».
Ces efforts reflètent la volonté constante de l’Algérie de promouvoir le dialogue, la médiation et la neutralité, tout en rejetant toute ingérence dans les affaires intérieures des États.
Pour le politologue, cette démarche s’inscrit dans la tradition diplomatique algérienne, fondée sur des principes immuables qui mettent la paix et la sécurité au cœur des préoccupations.
Au-delà de cette réaction immédiate, Mehdi Boukaouma appelle à réfléchir sur les causes profondes de ce conflit. Selon lui, le problème réside principalement dans le non-respect du droit international entre États et dans le rôle affaibli de l’Organisation des Nations unies, devenue trop souvent limitée à de simples condamnations verbales. Il déplore la non-application de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité et souligne que ce vide juridique et politique laisse libre cours aux aventures militaires les plus dangereuses. Face à cette situation, l’appel constant de l’Algérie à réformer le système des Nations unies prend tout son sens, rappelant notamment l’intervention du président Tebboune devant l’Assemblée générale en octobre 2022. Les conséquences concrètes de ce conflit commencent déjà à se faire sentir. Sur le plan sécuritaire, le risque d’effet domino est réel, avec une instabilité pouvant rapidement s’étendre à d’autres régions. Sur le plan économique, les marchés de l’énergie connaissent déjà des fluctuations spectaculaires, et la fermeture éventuelle du détroit d’Ormuz pourrait perturber l’approvisionnement mondial. Enfin, sur le plan politique, le conflit risque de provoquer une recomposition des alliances et de renforcer la radicalisation des positions des différents acteurs. Pour Boukaouma, cette guerre, dont nul ne peut prévoir l’issue ni la durée, porte en elle des germes de déstabilisation globale. Dans ce contexte, la voix de l’Algérie, fidèle à ses principes de modération et de sagesse, mérite d’être entendue .
S. A