Cannes 2025 : Le Nigeria, l’Égypte et la Tunisie brillent dans la sélection officielle

Un vent africain souffle sur la Croisette cette année. Trois réalisateurs issus du continent sont à l’honneur dans la prestigieuse sélection officielle du Festival de Cannes 2025, notamment dans la section “Un Certain Regard”, consacrée aux œuvres audacieuses et aux nouvelles voix du cinéma mondial.

Le Nigeria fait son entrée historique à Cannes
Le réalisateur nigérian Akinola Davies signe une première historique avec My Father’s Shadow, son tout premier long-métrage, sélectionné dans la catégorie “Un Certain Regard”. L’artiste s’est réjoui sur les réseaux sociaux : “Quel honneur d’amener le Nigéria au Festival de Cannes.”
Ce film marque la toute première participation du Nigeria à la sélection officielle, comme l’a souligné Thierry Frémaux, délégué général du Festival. Il salue “un jeune cinéaste prometteur issu d’un grand pays de cinéma, notamment connu pour Nollywood.”Le film retrace l’errance de jeunes garçons à Lagos, aux côtés de leur père, en pleine crise électorale de 1993. À travers leurs yeux, le spectateur découvre la tension politique de l’époque, les défis sociaux quotidiens et la complexité urbaine d’une métropole en mutation.

Regards d’Égypte et de Tunisie sur des réalités brûlantes
L’Égypte est également représentée par le réalisateur Morad Mustafa, avec son film Aisha Can’t Fly Away Anymore. L’œuvre suit Aïsha, une jeune Somalienne réfugiée au Caire, confrontée à la violence des gangs et à l’inaction des autorités dans un quartier où se croisent plusieurs communautés africaines. Entre menaces, survie et espoir, Aïsha incarne la lutte d’une jeunesse étrangère en quête de dignité.La réalisatrice franco-tunisienne Erige Sehiri, déjà remarquée pour ses précédents travaux, présentera Promis le ciel. Le film met en scène Marie, une quadragénaire ivoirienne vivant en Tunisie, à la croisée du journalisme et du pastorat évangélique. Avec deux autres femmes, elle tente de bâtir un refuge face à la précarité, aux discriminations et aux tensions croissantes à l’égard des migrants subsahariens. Le casting réunit l’actrice franco-sénégalaise Aïssa Maïga et l’artiste ivoirienne Laetitia Ky.
Un demi-siècle après la seule Palme d’or africaine
Si ces sélections marquent une avancée majeure pour le cinéma africain, il faut rappeler qu’un seul film du continent a reçu la Palme d’or à ce jour : Chronique des années de braise du réalisateur algérien Mohammed Lakhdar-Hamina, couronné en 1975. Un jalon historique qui, 50 ans plus tard, appelle une nouvelle génération de cinéastes africains à faire entendre leurs voix sur la scène mondiale .

R.C.

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