L’Espagne a annoncé la fermeture de son espace aérien aux avions américains participant aux opérations militaires contre l’Iran. La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a déclaré : «L’utilisation des bases américaines en Espagne n’est pas autorisée, et bien entendu l’utilisation de l’espace aérien espagnol pour des actions en lien avec la guerre en Iran ne l’est pas non plus.» Le gouvernement de gauche espagnol se dit «totalement opposé» aux frappes américano-israéliennes.
Parallèlement, le président américain Donald Trump a adressé un nouvel avertissement à Téhéran, exigeant la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a menacé de «faire exploser toutes les centrales électriques, les puits de pétrole et l’île de Kharg» en l’absence d’accord.
Dans un contexte de tension croissante, les États-Unis ont connu samedi dernier l’une des plus vastes vagues de contestation de leur histoire récente.
Entre 8 et 9 millions de personnes ont participé à plus de 3 200 rassemblements sous le slogan «Non aux guerres». Les manifestations ont touché l’ensemble des 50 États, y compris des bastions républicains comme The Villages en Floride, où des milliers de résidents se sont joints au mouvement.
La colère populaire, alimentée par la crainte d’une nouvelle guerre coûteuse à l’image du Vietnam ou de l’Afghanistan, a également été attisée par les politiques migratoires controversées.
Le soutien au président Trump est tombé à environ 36%, son plus bas niveau depuis son retour à la Maison-Blanche, tandis qu’un afflux record d’inscriptions sur les listes électorales a été enregistré dans des États clés comme la Pennsylvanie, la Géorgie et l’Arizona.
Au sein même du régime israélien, allié direct des États-Unis, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes, dont Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem.
Les protestataires, violemment réprimés par les forces de l’ordre, ont directement mis en cause le Premier ministre Benyamin Netanyahou, l’accusant de vouloir échapper à ses procès pour corruption en déclenchant une guerre contre l’Iran.
Si le soutien à la guerre reste majoritaire (78%), la proportion d’opposants a bondi de 4% à 11,5% en un seul mois. Sur la scène internationale, plusieurs gouvernements européens, dont le Royaume-Uni et l’Allemagne, ont refusé toute participation aux frappes, affirmant que «cette guerre n’est pas la leur». À Londres, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé, tandis qu’un sondage indique que 49% des Britanniques désapprouvent l’intervention, contre seulement 28% de soutien.
L’Espagne, en première ligne, a mis en garde contre une répétition du scénario de l’invasion de l’Irak, dénonçant le «silence devant une guerre injuste» comme une forme de lâcheté.
Malik M.
Une vague de contestation mondiale s’élève contre la guerre en Iran: L’Espagne ferme son espace aérien aux avions américains
