La fermeture virtuelle du détroit d’Ormuz, vitale pour le transport pétrolier, et les frappes sur les infrastructures énergétiques du Qatar font vaciller les marchés mondiaux. Parallèlement, la crise humanitaire s’aggrave avec plus de 330 000 déplacés, tandis que les alliances commerciales se recomposent sous la pression de Washington.
Le premier choc est énergétique. Le Qatar, deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), a vu sa plus grande installation de production paralysée par une attaque de drone iranienne.
Dans un entretien au Financial Times, le ministre de l’Énergie qatari, Saad al-Kaabi, a prévenu qu’il faudrait «plusieurs semaines, voire plusieurs mois» pour rétablir un fonctionnement normal des exportations, actuellement suspendues pour cause de force majeure.
Cette paralysie menace de provoquer une onde de choc sur les prix mondiaux du gaz. Bien que l’Europe ne dépende du GNL qatari qu’à hauteur de 10% de son approvisionnement, elle pourrait être indirectement touchée par une concurrence accrue avec les acheteurs asiatiques, bien plus dépendants de cette source.
La flambée des prix et d’éventuelles pénuries pourraient gripper les chaînes de production industrielle dans de nombreux pays, certaines usines risquant de ne plus pouvoir honorer leurs commandes. Dans ce contexte tendu, les alliances se recomposent.
L’administration Trump a accordé une dérogation temporaire à l’Inde, lui permettant d’acheter du pétrole russe pendant un mois.
Officiellement, cette décision du secrétaire au Trésor Scott Bessent vise à éviter une crise d’approvisionnement immédiate à New Delhi, dont les réserves pourraient être épuisées en deux semaines. Mais Washington espère surtout que ce répit encourage l’Inde à se tourner à terme vers le pétrole américain. Cette mesure illustre la fragilité des équilibres énergétiques mondiaux.
Le détroit d’Ormuz, par où transite près du tiers du pétrole maritime mondial, est devenu une poudrière. Toute escalade supplémentaire pourrait étrangler des économies entières, de la Chine à l’Europe.
Sur le plan diplomatique, les chances d’une désescalade semblent minces.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé que toute tentative de médiation devait d’abord s’adresser aux États-Unis et à Israël, qu’il accuse d’avoir déclenché la guerre.
«Nous restons attachés à une paix durable, mais nous défendrons notre souveraineté face à toute agression», a-t-il déclaré, excluant de fait des négociations directes dans l’immédiat.
Cette posture complique les efforts de la communauté internationale pour ramener le calme, alors que les frappes se poursuivent sur plusieurs fronts.
Entre perturbations énergétiques majeures, recomposition des alliances commerciales et crise humanitaire galopante, la guerre au Moyen-Orient est en train de redessiner les équilibres politiques et économiques de la planète.
Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer si ces secousses resteront temporaires ou si elles marquent le début d’une réorganisation profonde de l’ordre mondial.
Samira G.
Une nouvelle donne géopolitique en gestation: Les marchés mondiaux dans la tourmente
