Trump-Iran: Dialogue ou duels ?

Dans un revirement surprenant, Donald Trump a affirmé hier lundi que les États-Unis et l’Iran venaient d’échanger de «très bonnes et productives discussions en vue d’une résolution totale» des hostilités, précisant que les pourparlers se poursuivraient cette semaine.
Sur son réseau Truth Social, le président américain a également annoncé un report «de cinq jours» de toute frappe visant des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran.
Cette publication, intervenue avant l’ouverture de Wall Street, a provoqué une chute immédiate et marquée des cours du pétrole.
Quelques heures plus tôt, Téhéran avait menacé de poser des mines navales dans le Golfe et de frapper des installations électriques américaines en représailles à toute attaque contre ses côtes.
Cette nouvelle escalade verbale survient alors que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a mis en garde contre le risque d’une crise énergétique mondiale d’une ampleur inédite depuis des décennies.
Pourtant, des médias iraniens démentent catégoriquement l’existence de négociations avec Washington.
De son côté, le Kremlin a estimé que seule «la voie politique et diplomatique» pouvait permettre une désescalade, après que Donald Trump a menacé de détruire les centrales électriques iraniennes si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz d’ici à la nuit prochaine.
«La situation aurait dû passer il y a déjà longtemps à une voie de règlement politique et diplomatique», a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, mettant en garde contre toute frappe sur la centrale nucléaire civile de Bouchehr, où travaillent des spécialistes russes.
«Les frappes contre des installations nucléaires sont potentiellement extrêmement dangereuses et risquent d’avoir des conséquences, peut-être même irréparables», a-t-il averti.
La Chine a également appelé à la retenue.
«Si les combats continuent et que la situation se détériore, toute la région sombrera dans le chaos», a déclaré Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, jugeant que «l’usage de la force ne fera que mener à une spirale sans fin».
Sur le front économique, les réactions se multiplient.
Le gouvernement grec a annoncé de nouvelles aides pour protéger les consommateurs de la hausse des prix de l’énergie, après avoir instauré un plafonnement temporaire des marges sur les carburants.
Au Royaume-Uni, le Premier ministre Keir Starmer a convoqué une réunion d’urgence sur les répercussions de la crise, en présence de la ministre des Finances et du gouverneur de la Banque d’Angleterre, alors que l’inflation et la dépendance au gaz importé pèsent lourdement sur l’économie.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont par ailleurs précisé leurs menaces : toute attaque contre le secteur électrique iranien entraînerait des frappes contre des centrales «israéliennes» et celles alimentant les bases américaines dans la région.
Un communiqué semble ainsi infléchir les avertissements antérieurs visant les usines de dessalement d’eau, essentielles dans les pays du Golfe.
«Nous sommes déterminés à répondre à toute menace à un niveau équivalent en termes de dissuasion», ont affirmé les Gardiens, résumant la logique du bras de fer : «Si vous bombardez les réseaux électriques, nous bombarderons les réseaux électriques.» .
Malik M.