Dans un événement marquant une rupture avec des décennies de politique étrangère américaine, Donald Trump a rencontré ce mercredi le président syrien Ahmad Charaa à Riyad.
Cette discussion, la première entre dirigeants des deux pays depuis l’entretien Clinton-Hafez al-Assad en 2000, intervient dans un contexte de pressions croissantes pour imposer les Accords d’Abraham à la Syrie, malgré la ferme opposition populaire et historique de Damas à toute normalisation avec l’entité sioniste.
Une normalisation inacceptable pour le peuple syrien
Selon des sources proches des pourparlers, Trump aurait tenté de convaincre Charaa de signer les Accords d’Abraham, ces traités de normalisation imposés par Washington à plusieurs pays arabes sous couvert de « paix ». Une proposition qui heurte de front la position syrienne historique, celle d’une nation qui a toujours refusé de légitimer l’occupation sioniste de la Palestine. Les observateurs soulignent que toute ouverture en ce sens provoquerait une onde de choc dans une Syrie encore meurtrie par douze ans de guerre, où la cause palestinienne reste sacrée. En échange, Washington aurait offert un allègement substantiel des sanctions ainsi que des investissements américains dans le secteur énergétique syrien – une manœuvre perçue par de nombreux analystes comme une tentative de monnayer la souveraineté nationale. La révélation par Reuters d’un projet de « tour Trump » à Damas a particulièrement scandalisé l’opinion publique arabe, y voyant un symbole grotesque de soumission à l’impérialisme américano-sioniste. Alors que les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc ont cédé aux pressions américaines, la Syrie représente le dernier rempart arabe face à cette normalisation forcée. Les déclarations prudentes du président Charaa, appelant simplement à « des relations équilibrées » avec Washington sans évoquer “Israël”, suggèrent que Damas pourrait chercher à obtenir une levée des sanctions sans pour autant trahir la cause palestinienne. Alors que la saignée économique causée par les sanctions pousse Damas dans une position difficile, la rencontre Trump-Charaa pose une question cruciale : la Syrie parviendra-t-elle à résister à ce chantage économique tout en préservant ses principes, ou sera-t-elle contrainte de suivre la voie tracée par les monarchies du Golfe ? .
Malik.M.
