Traditions, culture et souveraineté numérique au cœur de la stratégie gouvernementale: L’Algérie veut son IA à elle

Le ministère de l’Économie de la connaissance ne compte pas laisser l’intelligence artificielle se développer sans cap ni boussole.
Noureddine Ouadah, ministre du secteur, a annoncé depuis Médéa une orientation stratégique majeure : l’Algérie travaillera à la conception de modèles d’IA taillés sur mesure pour sa société, loin des standards importés qui ne tiennent compte ni des réalités culturelles ni des spécificités locales.
En marge d’une visite de travail effectuée aux côtés du wali Djilali Doumi, le ministre a insisté sur la nécessité de bâtir des outils numériques respectueux des traditions, des valeurs et de l’identité nationale, une déclaration qui ancre résolument la technologie dans le champ sociétal plutôt que dans le seul domaine technique. L’intelligence artificielle n’est plus une option lointaine, elle s’impose désormais dans des secteurs aussi sensibles que l’économie ou la sécurité régionale, a rappelé le ministre, justifiant par là l’urgence de former les jeunes générations à une maîtrise consciente et éclairée de ces outils. Des experts sont déjà mobilisés pour concevoir des algorithmes qui répondent aux besoins réels de la société algérienne, loin des biais et des dérives potentielles des modèles étrangers. Mais l’ambition ne s’arrête pas aux laboratoires.
Le ministre a tracé une feuille de route claire pour faire de la jeunesse le moteur d’une économie nationale renouvelée par l’innovation.
L’entrepreneuriat est ouvert à toute personne capable d’apporter une valeur ajoutée à l’économie locale et nationale, a-t-il martelé, en rappelant les multiples dispositifs de soutien déployés par l’État pour transformer les idées en entreprises.
À l’Université Yahia-Farès de Médéa, le ministre a joué la carte de la proximité, écoutant les difficultés des étudiants porteurs de projets et les invitant à considérer le partenariat avec l’économie nationale comme un horizon naturel.
L’université, a-t-il souligné, n’est pas une tour d’ivoire : elle est le réservoir de compétences et de technologies sans lequel aucune économie forte ne peut émerger. Les start-up et les micro-entreprises issues des bancs de la faculté sont appelées à devenir les piliers d’une dynamique économique portée par l’innovation et la technologie.
A. G.