La date limite pour le dépôt des candidatures en vue des élections législatives fixées au 2 juillet prochain est désormais dépassée. Le constat est sans appel : à l’exception d’une alliance isolée dans la wilaya de Jijel entre deux partis et d’une liste unique représentant la diaspora, aucune coalition électorale majeure n’a vu le jour à travers l’ensemble du territoire national.
Ce phénomène inattendu témoigne d’un net repli de la culture du compromis politique, même parmi les formations qui partagent des sensibilités idéologiques voisines.
Les explications avancées par les responsables des deux partis ayant noué une alliance à Jijel révèlent que leur rapprochement était initialement conçu comme le prélude à une union plus large.
Mais des contraintes d’ordre pratique ont contrarié leurs ambitions.
Parmi ces obstacles figure notamment le retard pris par l’un des partis, absorbé par des formalités administratives liées à sa reconnaissance légale et par l’organisation de son congrès, des démarches qui ont coïncidé avec le lancement de la campagne de collecte des signatures.
Plusieurs tentatives visant à ranimer l’esprit de l’ancienne «Alliance de l’Algérie verte», qui avait réuni diverses formations partageant une même orientation lors du scrutin de 2012, ont échoué.
La raison principale tient à une décision de l’Autorité nationale indépendante des élections, qui a imposé aux coalitions, même constituées de partis déjà bien implantés sur la scène politique, l’obligation de rassembler 150 signatures par siège dans chaque circonscription, exactement comme s’il s’agissait d’un parti nouvellement créé. Cette condition a été perçue par de nombreuses formations comme une entrave redoutable, vidant de sa substance l’article 56 de la loi organique sur les partis, qui prévoit pourtant le principe des alliances.
Les chiffres officiels communiqués par l’autorité électorale confirment cette réalité Sur les 1 484 dossiers retirés à travers 69 wilayas pour une déclaration collective, 1 208 relevaient d’un parti unique. Seul un dossier concernait une liste placée sous l’égide de plusieurs partis – celui de Jijel.
Au final, 786 dossiers ont été déposés à l’intérieur du pays, dont 647 émanant de 32 partis, un seul pour une coalition, et 138 listes libres, permettant à 10 144 candidats de se présenter. À l’étranger, sur 91 dossiers retirés dans huit zones géographiques, 66 ont été effectivement déposés, parmi lesquels un seul dossier d’alliance, 59 listes partisanes et 6 listes libres, pour un total de 528 candidats.
A. G.
Législatives du 2 juillet 2026:Un scrutin sans alliances politiques

