Alors que les frappes se multiplient au Liban et en Iran, le président iranien Massoud Pezeshkian a réaffirmé hier dimanche que son pays considère les États voisins comme des «frères», tout en prévenant qu’il «sera contraint de répondre» si son territoire est attaqué depuis l’un d’eux.
Dans un contexte de succession du guide suprême et de menaces américaines, les réactions internationales se multiplient, de la Chine à la Belgique.
L’Iran entre main tendue et mise en garde
Dans une déclaration rapportée par l’agence Tasnim, Massoud Pezeshkian a tenu à clarifier ses propos de la veille, qui avaient suscité des interrogations. Samedi dernier, lors d’une allocution télévisée, il avait présenté ses excuses aux pays voisins ayant pu être visés par des attaques et annoncé l’arrêt des opérations les ciblant, sauf si ces pays servaient de base de départ pour une agression contre l’Iran.
«Les ennemis veulent créer une fracture entre l’Iran et les pays voisins. Nous sommes des frères et nous voulons des relations bonnes. Mais si l’on tente d’utiliser un pays pour attaquer notre territoire, nous riposterons», a-t-il insisté.
Ces déclarations interviennent alors que l’Assemblée des experts, instance cléricale iranienne, a désigné un nouveau guide suprême pour succéder à Ali Khamenei, tué le 28 février par des frappes attribuées à une coalition «israélo- américaine».
Si le nom du successeur n’a pas été officiellement dévoilé, des membres de l’assemblée ont confirmé qu’un candidat «approuvé par la majorité» a été choisi.
Escalade militaire et menaces américaines
Sur le terrain, les bombardements se sont poursuivis. L’armée de l’entité sioniste a mené une nouvelle série de frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, tandis que l’Iran a également été la cible d’attaques durant la nuit de samedi à hier dimanche. Le conflit, qui s’étend désormais au Liban, entre dans sa deuxième semaine.
Le président américain Donald Trump, interrogé par Reuters, a déclaré ne pas être intéressé par des négociations avec Téhéran. Il a ajouté que la campagne militaire menée par les États-Unis et «Israël» pourrait rendre tout dialogue inutile si les dirigeants potentiels de l’Iran étaient éliminés et son armée détruite. «À un moment, je ne pense pas qu’il restera quiconque pour dire : “Nous nous rendons”», a-t-il lancé.
La Chine appelle au respect du droit international
De son côté, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a fermement condamné l’escalade. «C’est une guerre qui n’aurait jamais dû avoir lieu, et une guerre qui n’apporte aucun bénéfice à aucune des parties», a-t-il déclaré hier dimanche.
Refusant un retour à la «loi de la jungle», il a mis en garde contre le recours systématique à la force, en référence implicite aux États-Unis.
La Chine a également exprimé sa colère face aux frappes américaines et israéliennes en Iran.
En Belgique, l’opposition monte au créneau
Au Parlement belge, la contestation de la politique américaine s’est fait entendre. Jeudi 5 mars, le député Paul Magnette (Parti socialiste) a pris la parole pour s’opposer fermement à une implication européenne dans le conflit.
«Pas un de nos soldats, pas une des armes pour la guerre de Trump en Iran. Nous devons faire comme Pedro Sanchez : dire non à Trump», a-t-il lancé. Dénonçant une alliance avec «Netanyahou, un criminel de guerre, responsable du génocide à Ghaza», il a souligné les conséquences pour l’Europe : flambée des prix de l’énergie, risques de représailles terroristes et instabilité aux frontières.
Le même jour, Raoul Hedebouw, président du Parti du travail de Belgique, a vivement critiqué la proposition du Mouvement réformateur (MR) d’expulser l’ambassadeur d’Iran à Bruxelles.
«Il est incroyable qu’aujourd’hui on entende le MR demander l’expulsion de l’ambassadeur iranien alors qu’à aucun moment, depuis deux ans que le génocide est en cours contre le peuple palestinien, l’ambassadeur israélien n’a été expulsé», a-t-il dénoncé.
Alors que la région semble au bord de l’embrasement, les appels à la désescalade se multiplient, mais les positions restent figées. L’Iran prévient qu’il répondra à toute attaque, les États-Unis poursuivent leur campagne, et l’Europe cherche sa voie entre solidarité alliée et préservation de ses intérêts.
Malik M.

