Sahara Occidental: Quand Bruxelles maquille le droit et légitime l’occupation

Le 6 octobre dernier, la Commission européenne a entériné un nouvel accord commercial avec le Maroc, en contradiction flagrante avec l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 4 octobre 2024. Celui-ci avait pourtant statué sur l’illégalité des importations agricoles étiquetées «Origine Maroc» lorsqu’elles proviennent du Sahara Occidental, territoire occupé militairement et dont le peuple sahraoui est reconnu par l’ONU comme seul souverain.
Un an après cette décision historique, Bruxelles n’a rien rectifié. Pire encore, elle persiste dans une posture de contournement juridique, en rebaptisant les zones sahraouies sous des appellations administratives marocaines. La mention du lieu réel de production, exigée par la CJUE, a été remplacée par des formulations floues qui effacent l’identité sahraouie et brouillent les repères géopolitiques. Derrière ce maquillage administratif se cache un marché lucratif : 80 millions d’euros de valeur commerciale annuelle, dont 6,6 millions d’euros d’exonérations douanières indûment accordées. Ces flux alimentent directement l’agrobusiness marocain, inféodé au Makhzen, et profitent à des partenaires européens peu soucieux de la légalité des échanges.
La Confédération paysanne française dénonce une fraude systémique et une complicité politique. Elle rappelle que le consentement du peuple sahraoui, pourtant central dans l’arrêt de la CJUE, n’a jamais été obtenu. Ce mépris du droit révèle une dérive inquiétante : celle d’une Commission européenne qui se proclame défenseure des droits humains tout en consolidant des accords de libre-échange destructeurs, au Maroc comme dans le futur traité UE–Mercosur. Ce nouvel accord n’est pas un simple texte commercial. Il constitue une validation tacite d’une occupation militaire que les Nations unies n’ont jamais reconnue. Pendant que les produits agricoles transitent vers l’Europe, le peuple sahraoui survit dans les camps, privé de ses terres et de ses ressources .
M. M.