Coup d’arrêt brutal pour la ministre de la Culture, Rachida Dati, dont le projet de réforme de l’audiovisuel public a été balayé dès l’ouverture des débats à l’Assemblée nationale française. Lundi 30 juin, les députés ont adopté, à 94 voix contre 38, une motion de rejet préalable déposée par la députée écologiste Cyrielle Chatelain, mettant ainsi fin à l’examen du texte avant même sa discussion article par article.
Fait notable : le Rassemblement national a surpris en s’alliant à la gauche pour faire barrage à une réforme pourtant soutenue par le Premier ministre François Bayrou.
Face à une majorité désunie et peu mobilisée — seuls 132 députés ont pris part au vote sur les 577 que compte l’Assemblée — la défaite du gouvernement s’est révélée cuisante.La proposition de loi portée par Mme Dati visait à créer, dès le 1er janvier 2026, une holding baptisée France Médias, destinée à regrouper France Télévisions, Radio France et l’INA sous l’égide d’un président-directeur général unique. Présentée comme un levier de rationalisation et de renforcement de la « souveraineté audiovisuelle », la réforme s’est heurtée à une forte opposition syndicale.
À Radio France, un mouvement de grève illimité a été lancé dès le jeudi précédent, les syndicats dénonçant un projet « dangereux » pour l’indépendance de l’information et la pérennité des emplois. À France Télévisions et à l’INA, des appels à la grève ont également été lancés.
Ce revers parlementaire, doublé d’une contestation sociale profonde et sur fond de soupçons judiciaires qui ternissent l’image de la ministre, pourrait précipiter son affaiblissement politique. Déjà fragilisée, Rachida Dati voit son crédit politique sérieusement entamé, au point que certains évoquent désormais un départ inéluctable, tant la désillusion est grande au sein même de la majorité .
Farid B.
Réforme de l’audiovisuel public : Rachida Dati essuie un revers cinglant à l’Assemblée

