Malgré un objectif de 3 200 MW d’énergies renouvelables:Relance difficile du programme solaire

L’Algérie ambitionne depuis 2013 de produire 3 200 mégawatts (MW) à partir des énergies renouvelables, un jalon stratégique dans le cadre du vaste programme national visant à atteindre 15 000 MW d’ici 2035.
Ce projet, centré principalement sur l’énergie solaire, a longtemps été freiné par des obstacles de réalisation avant d’être officiellement relancé en février 2023, suite à une instruction présidentielle formulée en décembre 2022.Invité ce mardi à l’émission L’invité du jour sur la Radio Algérienne, le directeur général du cluster Green Energy Algeria, M. Boukhalfa Yaïci, a détaillé les avancées et les défis persistants liés à ce programme.
Il a rappelé que l’appel d’offres pour la réalisation de ce projet a été lancé début 2023, suivi de l’ouverture des plis techniques et financiers en juillet de la même année. Ce n’est qu’après la signature effective des contrats que les travaux de réalisation pourront réellement démarrer.Cependant, la concrétisation de ce programme a mis en lumière des difficultés majeures pour les entreprises locales. Si certaines sociétés algériennes ont remporté près de 30 % des premiers appels d’offres, elles se sont vite heurtées à un mur industriel : une inadéquation entre la puissance des panneaux solaires produits localement et les exigences techniques du projet. « Les panneaux fabriqués en Algérie ne répondaient pas aux standards de puissance requis dans l’appel d’offres de 2022 », a souligné M. Yaïci.
Ce décalage a eu pour conséquence une préférence marquée pour l’importation de panneaux solaires, jugée plus avantageuse dans les conditions actuelles du marché, reléguant la production locale au second plan. Les entreprises nationales, ayant contracté des crédits pour lancer leur production, se sont ainsi retrouvées avec des stocks invendus, faute de débouchés.
Malgré ces difficultés, M. Yaïci reste confiant et souligne que des pistes de solutions ont été soumises aux autorités compétentes. Il rappelle qu’un décret exécutif promulgué en novembre 2020 par le ministère de l’Industrie prévoyait un soutien direct à l’industrie des panneaux photovoltaïques. Toutefois, ce décret reste à ce jour non appliqué, laissant en suspens un potentiel levier de relance pour l’industrie solaire locale.Alors que l’Algérie dispose d’un ensoleillement exceptionnel et d’un potentiel considérable en énergies renouvelables, la réussite de ce projet repose désormais sur une meilleure coordination entre ambitions politiques, capacités industrielles et mécanismes de soutien à la production locale .
Farid.H.