La tragédie humaine à Gaza atteint un degré insoutenable de cruauté, dans une atmosphère où la déshumanisation des Palestiniens semble désormais banalisée, rendant leur extermination presque routinière. Lundi 30 juin, la Défense civile de Gaza a rapporté un nouveau carnage ayant coûté la vie à 49 civils palestiniens.
Parmi eux, 21 personnes ont été tuées dans un café-internet en bord de mer, le « Al-Baqa », visé par une frappe israélienne. Ce lieu, prisé par les familles et les journalistes pour son accès à internet et ses espaces de détente, a été réduit en cendres sous les bombes de l’armée israélienne.Selon des témoins présents sur place, dont le jeune Ahmed Al-Nayrab, la scène était d’une horreur indicible : corps mutilés, membres arrachés, cris de douleur et de panique, familles en larmes. Le photojournaliste Ismail Abu Hatab figure parmi les victimes de cette attaque, tandis que sa consœur Bayan Abu Sultan aurait été grièvement blessée. D’autres frappes dans la journée ont fait 27 morts supplémentaires, notamment près de points de distribution d’aide, aggravant encore le bilan humain déjà dramatique.Dans ce contexte de violence permanente, les journalistes locaux, comme Anas Al-Sharif, évoquent une politique d’extermination ciblée, qui n’épargne ni les civils ni ceux qui documentent les crimes en cours. Les attaques contre des lieux fréquentés par les reporters illustrent la volonté de faire taire les témoins directs de cette guerre impitoyable. À cela s’ajoute le drame silencieux des prisonniers palestiniens. Louay Faisal Muhammad Nasrallah, âgé de 22 ans et détenu sans jugement depuis le 26 mars 2024, est décédé lundi à l’hôpital Soroka après avoir été transféré de la prison du Néguev. Sa famille assure qu’il était en parfaite santé avant sa détention. Les organisations de défense des prisonniers dénoncent une politique de mort lente pratiquée par l’occupation à travers la privation de soins, les conditions inhumaines de détention, et la prolifération volontaire de maladies comme la gale.
Avec la mort de Nasrallah, le nombre de prisonniers palestiniens morts en détention s’élève à 310 depuis 1967, dont au moins 73 depuis le début de l’offensive militaire actuelle. Ces chiffres restent partiels, dans un contexte marqué par des disparitions forcées et l’absence de transparence sur le sort de nombreux détenus.À ce jour, les massacres israéliens à Gaza ont fait plus de 56 531 morts et 133 642 blessés, dont une majorité écrasante de femmes et d’enfants. Face à cette hécatombe, les appels à la responsabilité internationale restent sans réponse. Les organisations de défense des droits humains réclament des sanctions concrètes et la fin de l’impunité dont jouissent les dirigeants israéliens, dans l’espoir de mettre un terme à cette machine de mort alimentée par le silence complice du monde
Farid B.

