Le dossier de la privatisation des entreprises publiques, vendues à des opérateurs publics parfois au dinar symbolique, peut revenir au devant de la scène, à la faveur de l’ouverture du dossier par la justice.
En effet, des sources judiciaires reprises par un quotidien national ont annoncé que le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed, se penche sur la question.
à l’époque déjà, certains partis politiques avaient dénoncé ces privatisations qui n’étaient finalement qu’un subterfuge pour le bradage des biens publics et le transfert de la propriété vers des hommes d’affaires qui seront désignés plus tard sous le qualificatif d’oligarques.
L’accusé principal dans la nouvelle affaire : Abdelhamid Temmar, ancien ministre des Participations et de la Promotion des investissements, promoteur de l’opération de privatisation.
Ce dossier concerne la supposée «privatisation» d’entreprises publiques et met en lumière des accusations de «corruption», «favoritisme» et «mauvaise gestion des actifs publics», ont indiqué les mêmes sources.
Les faits reprochés à l’ancien ministre concernent notamment la cession de l’entreprise publique Moulins de Tiaret, filiale du groupe public El Riyadh, à la société privée Ikhlas, spécialisée dans la production de farine et d’autres produits alimentaires. L’affaire met en cause un processus de transfert des actifs à un prix symbolique, largement inférieur à leur valeur réelle, ainsi que de présumés malversations dans l’évaluation des biens immobiliers et des unités de production. Plusieurs autres prévenus seraient impliqués dans ce dossier qui a fait perdre à l’état des dizaines de milliards de dinars.
Abdelhamid Temmar, qui a occupé successivement le poste de ministre chargé des Participations de l’état puis de la Promotion des investissements et de l’Industrie, est reconnu comme l’un «des architectes de la politique de privatisation» algérienne dans les années 2000. Il est considéré comme l’homme-clé des opérations d’ouverture du capital des entreprises publiques, avec un rôle particulièrement central entre 2004 et 2008. Sous sa direction, de nombreuses sociétés publiques ont été privatisées ou partiellement cédées, malgré les critiques de nombreux acteurs politiques à l’époque.
Il faut rappeler qu’Abdelhamid Temmar a déjà été condamné dans d’autres affaires de corruption, dans lesquelles sont impliqués d’anciens ministres et hommes d’affaires. Il a été condamné à une lourde peine de 20 ans de prison ferme, avec émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre.
Fateh H.
Privatisation et bradage des entreprises publiques: La justice ouvre le dossier Temmar
