Lors du Conseil des ministres tenu ce dimanche, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a tranché sans ambiguïté : aucune terre agricole ne sera détournée de sa vocation originelle pour la réalisation de projets publics. Cette décision ferme marque un tournant stratégique dans la politique foncière du pays, consolidant la place centrale de l’agriculture dans le projet de souveraineté nationale. Alors qu’un projet de décret exécutif visant à abroger la classification des terres agricoles était à l’étude, le chef de l’État a ordonné au gouvernement de recourir à «d’autres mécanismes» pour identifier des assiettes foncières adaptées aux projets publics, en précisant que ces terrains doivent être « on propices à l’agriculture». Ce refus catégorique de toute conversion foncière agricole consacre une volonté politique claire : préserver le socle nourricier du pays face aux pressions urbanistiques et industrielles. Cette position s’inscrit dans une stratégie globale de sécurité alimentaire, portée par des résultats probants. Avec une production agricole nationale estimée à près de 38 milliards de dollars et une contribution au PIB de 15%, l’Algérie confirme sa trajectoire vers l’autonomie productive.
L’essor des exportations et le développement d’excédents dans certaines filières témoignent d’un basculement vers une économie plus résiliente et moins dépendante des importations. Pour la campagne de labours-semailles 2024–2025, l’État mobilise 1,6 million d’hectares, avec pour objectif majeur de stopper les importations de blé et d’orge d’ici 2026. Cette ambition est soutenue par un dispositif rigoureux de contrôle et de gouvernance foncière. Des comités interministériels ont été installés dans chaque wilaya et daïra pour recenser les terres, traiter les litiges et, si nécessaire, résilier les contrats de concession non respectés.
Les chiffres sont révélateurs : plus de 1 500 contrats ont été résiliés en 2024 sur 2 500 dossiers examinés, et plus de 42 000 infractions ont été constatées sur 20 600 exploitations entre 2012 et fin novembre 2024.
Ces infractions concernent principalement des constructions illicites et des détournements de vocation agricole. Face à ces dérives, l’État renforce les inspections et engage des actions correctives pour améliorer les rendements, sécuriser le foncier et atteindre l’autosuffisance en blé — désormais érigée en priorité nationale. En sanctuarisant les terres agricoles, le président Tebboune réaffirme que la souveraineté alimentaire n’est pas un slogan, mais une exigence stratégique .
M. M.
Priorité à la souveraineté alimentaire: Tebboune verrouille le foncier agricole

